TUNISIE
08/06/2016 06h:51 CET | Actualisé 08/06/2016 09h:10 CET

Tunisie: L'Instance Vérité et Dignité en quelques chiffres après la publication de son rapport annuel

facebook/IVD

INSTANCE VÉRITÉ ET DIGNITÉ- La présidente de l'IVD, Sihem Ben Sedrine a remis au chef du gouvernement Habib Essid, le 1er juin, le rapports annuel et financier de l’Instance durant l’année 2015.

Le HuffPost Tunisie a relevé les éléments les plus marquants de ce rapport:

  • 23 727 c'est le nombre de dossiers remis à l'IVD jusqu'au 31 décembre 2015.
  • 83% des dossiers concernent les hommes et 17% des femmes.
  • La majorité des dossiers sont originaires de, respectivement, les régions de Kasserine, de Tunis puis de Gafsa.
  • Les dossiers concernant l'intégrité physique de la personne sont: 39% des cas d'atteinte à la l'intégrité physique lors d'une manifestation ou sit-in, 38% des cas de torture et 15% pour l'atteinte au droit à la santé.
  • Les autres englobent pour 60% des dossiers de personnes qui ont été empêchées de travailler à travers le harcèlement; 51% de situations d'arrestations arbitraires, 47% relatives aux restrictions de la liberté d'expression, 26% de contrôle administratif, 25% pour la transgression du droit d'accès à la justice et à un procès équitable, 20% concernent l'interdiction d'organisation de rassemblements pacifiques et 19% pour le piétinement du droit au logement et l'inviolabilité du domicile.
  • Tous les dossiers couvrent la période de juillet 1955 à décembre 2013, c'est un critère pour les accepter.
  • Autre condition d'acception du dossier est que le préjudice doit être grave et prémédité et commis par l'Etat, des personnes qui le représentent ou par des groupes organisés.
  • L'IVD a bénéficié de 12 635 937, 890 dinars comme ressources financières, soit une augmentation de 9 957 311, 903 dinars par rapport à son budget de l'année 2014.
  • L’Instance Vérité & Dignité a été instituée par la loi comme une instance de l’État, indépendante, dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière et administrative. Elle a été créée pour lever le voile sur l'opacité qui a entouré les transgressions physiques et morales d'avant le 14 janvier en demandant aux responsables de ces violences de rendre compte de leurs actes, de réparer les victimes. Elle est censée faciliter, par là, la réconciliation nationale et préserver la mémoire collective, comme le rappelle le rapport.

    Toutefois, depuis sa création, l'IVD était le centre de plusieurs polémiques, notamment des soupçons de gaspillage de l'argent public, d'opacité et de pratiques autoritaires de la part de sa présidente Sihem Ben Sedrine.

    Décriée par certains comme un outil de règlement de compte et dominée par des calculs politiciens plus que de justice transitionnelle et accusée par d'autres de mollesse envers les corrompus.

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