MAGHREB
27/06/2015 05h:58 CET | Actualisé 27/06/2015 05h:59 CET

Tunisie: Dans un hôtel d'El Kantaoui, les vacances basculent dans l'horreur (REPORTAGE)

AFP

Au bord de la piscine, trois corps sans vie gisent dans des flaques de sang. Le sol est jonché de tongs et de serviettes abandonnées, vestiges d'une paisible journée d'été qui a basculé dans l'horreur vendredi dans un hôtel de Tunisie.

Le Riu Imperial Marhaba Hotel, situé à Port El Kantaoui, dans la zone touristique de Sousse, a été le théâtre d'un carnage lorsque, selon la version des autorités, un étudiant tunisien qui avait caché son arme dans un parasol a mitraillé les estivants sur la plage avant de tirer sur les clients autour des deux piscines. Bilan provisoire: 37 morts.

La plage désormais déserte a été bouclée par la police. Non loin de là, les corps d'une quinzaine de personnes tuées au bord de la mer attendent leur transfert à l'hôpital.

Certaines dépouilles étaient simplement recouvertes par des sacs noirs ou des serviettes ensanglantées, mais d'autres gisaient encore dans leur maillot dans l'après-midi.

Et dans la piscine couverte de l'hôtel, trois corps reposaient sur le sol près d'une vitre brisée par les balles.

Témoignant de la panique qui a suivi l'irruption du tireur, sacs, lunettes de vue et tongs ont été abandonnés près des transats par les touristes en fuite.

"Sans pitié"

Une touriste britannique, Ellie Makin, était allongée sur un transat juste à côté du tireur lorsque celui-ci a commencé à faire feu. "Il était à ma droite, tout à coup j'ai vu un fusil et un parasol qui tombe. Il a commencé à tirer des coups de feu sur sa droite, a-t-elle raconté à ITV News. "Je ne sais pas ce qui ce serait passé s'il s'était tourné de notre côté. On a eu beaucoup de chance".

"J'étais en train de m'occuper de mon groupe quand j'ai entendu des tirs puis des rafales du côté de la plage, et j'ai demandé aux touristes de fuir", raconte à l'AFP Omar Brik, 22 ans, un animateur de l'hôtel.

"Je l'ai vu (l'assaillant) se diriger vers la piscine et tirer sur les touristes", poursuit-il.

"Une touriste âgée et son mari l'ont supplié de ne pas tirer sur eux, en vain. Sans pitié, avec sang-froid, il leur a tiré dessus", affirme un autre employé quinquagénaire de l'hôtel, Omar, qui a vu la scène du deuxième étage.

Et d'après un jeune témoin qui se trouvait sur la plage au moment de l'attaque, l'assaillant visait exclusivement les touristes.

"Le terroriste nous a dit: 'Eloignez-vous, je ne suis pas venu pour vous'. Il ne nous a pas tiré dessus, il a commencé à tirer sur les touristes", a-t-il dit à la police sur la plage.

Sous le choc, des touristes encore en maillot de bain se sont rassemblés dans la réception de l'hôtel, pleine à craquer d'agents de la police, de la gendarmerie et de la brigade anti-terroriste (BAT).

"J'étais près de la piscine quand j'ai entendu des rafales. J'ai pris ma fille et ma mère et j'ai couru vers la sortie", raconte à l'AFP James Rouse, un Britannique de 30 ans.

Déjà dans l'après-midi, femmes de ménages et ouvriers ont commencé à nettoyer les abords de la piscine découverte. Un responsable de l'hôtel crie aux journalistes qui ont pris les lieux d'assaut: "Sortez de l'hôtel, vous faites peur aux touristes! Laissez-nous nettoyer les lieux".

Le fait que l'assaillant ait pu traverser l'hôtel sans rencontrer de résistance a suscité des interrogations en Tunisie.

"Mais qu'est-ce qu'on peut faire avec quelqu'un qui a une kalachnikov à la main et qui tire sur les gens? Il était très à l'aise", dit à l'AFP Nidhal Branji, le responsable de la chaîne Riu en Tunisie.

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