TUNISIE
16/07/2018 17h:31 CET

Tunisie- Hôpitaux: Le temps d’attente aux urgences est de ... 15 minutes, selon Sonia Ben Cheikh

Sonia Ben Cheikh, secrétaire d’État auprès du ministère de la Santé dresse un état des lieux du secteur

gorodenkoff via Getty Images

15 minutes. C’est la durée moyenne d’attente dans les urgences des hôpitaux publics en Tunisie, a révélé Sonia Ben Cheikh, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé, dans une interview accordée à Shems Fm, en affirmant que dans d’autres pays, même occidentaux, la durée d’attente peut être de quelques heures.

La responsable a estimé que l’une des principales causes de retard est la nécessité d’effectuer des bilans supplémentaires pour des diagnostics plus poussés, et ce avant de consulter le médecin en question. Elle a indiqué, d’autre part, que certains cas requièrent l’avis d’un médecin spécialiste, qui parfois se trouve dans un autre département ou en train de faire une opération chirurgicale à un autre patient, ce qui pourrait augmenter les délais d’attente, selon ses dires.

La secrétaire d’État à la santé est revenue sur la polémique autour de la pénurie de médicaments. Elle a assuré que l’industrie du médicament en Tunisie est capables de couvrir plus de 50% du besoin du marché national. “Ils sont même en train d’exporter vers l’étranger” a-t-elle noté en mettant en avant la bonne qualité et le savoir-faire des fournisseurs de médicaments tunisiens.

Elle a évoqué, également, le maintien de la confiance entre les fournisseurs étrangers et la Tunisie malgré les turbulences. Elle a noté que la Tunisie figure bel et bien sur la liste des fournisseurs et industriels pharmaceutiques étrangers pour l’année 2019. 

Elle a précisé qu’un prêt de 500 millions de dinars a été octroyé pour combler le déficit de la Banque centrale. C’est une décision qui a été prise pour que cette dernière honore ses engagements et efface son ardoise de dettes auprès des fournisseurs étrangers. “Une nouvelle page est tournée” a-t-elle souligné en notant que toutes les précautions ont été prises afin d’éviter une pénurie l’année prochaine. 

Pour Sonia Ben Cheikh, le problème majeur du secteur des médicaments est le manque de liquidité, mais pas uniquement. La crise est internationale. “Le manque aigu de certains médicaments revient aux fournisseurs et laboratoires étrangers eux-même” a-t-elle précisé. 

En effet, plus de 200 produits sont en rupture de stock ou en quantités réduites depuis quelques mois. En cause, la situation de la Pharmacie centrale, qui détient le monopole de l’importation des médicaments, et qui ne parvient plus à rembourser ses fournisseurs, explique la responsable. Et d’ajouter que les difficultés vécues par cette dernière sont le résultat d’impayés surtout de la part de la CNAM.

Selon Naoufel Amira, vice-président du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées, les dettes de la pharmacie centrale auprès des laboratoires étrangers sont estimées actuellement à 450 millions de dinars.  

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