TUNISIE
24/03/2019 13h:02 CET

Tunisie- Greffe rénale: Plus de 1300 patients attendent

Face à cette longue liste d’attente, et alors que certains de ces malades meurent entre temps, le nombre de donneurs fait défaut.

Ben Edwards via Getty Images

Quelque 9500 personnes souffrent d’insuffisance rénale en Tunisie dont 1350 sont sur la liste d’attente pour bénéficier d’une transplantation rénale, a souligné Samedi Nejia Ben Moussa, chef de service radiologie à la policlinique de la CNSS (Caisse nationale d’assurance maladie) d’El Omrane en se référant aux chiffres de 2016.

Dans une déclaration à l’agence TAP lors d’une journée ouverte de sensibilisation sur ” le dépistage précoce et la prévention des maladies rénales “, Ben Moussa a souligné l’importance d’organiser des journées de sensibilisation pour améliorer la prévention contre l’insuffisance rénale notamment à travers le dépistage précoce.


La responsable a signalé que des consultations sont organisées dans le cadre de cette journée de sensibilisation et sont assurées par une équipe de médecins spécialistes.

De son côté, Faouzi Kanoun, Endocrinologue Diabétologue a fait savoir que le tiers des personnes qui souffrent d’insuffisance rénale ont le diabète mettant l’accent sur l’importance d’adopter un régime alimentaire équilibré basé sur la réduction des lipides, des glucides et du sel dans les repas et une bonne consommation d’eau outre l’exercice régulier d’une activité sportive et la non consommation de tabac et d’alcool.

A noter qu’une étude scientifique réalisée par une équipe de médecins et chercheurs à l’hôpital universitaire Hédi Chaker à Sfax avait révélé que le coût de cette maladie s’élèverait à plus de 90 millions de dinars par an soit 5% des dépenses globales dans le secteur de la santé en Tunisie et ce, en raison du manque de sensibilisation et du dépistage précoce.

80% des familles tunisiennes refusent de faire un don d’organes

Face à cette longue liste d’attente, et alors que certains de ces malades meurent entre temps, le nombre de donneurs fait défaut.

L’écrasante majorité des familles tunisiennes refusent de faire un don d’organe d’un proche décédé ou en état de mort encéphalique. 10.000 à 15.000 mille seulement de Tunisiens ont exprimé de leur vivant leur souhait de faire un don d’organes. “80% des familles tunisiennes refusent le don d’organe d’un proche décédé ou en état de mort encéphalique”, dévoile le Centre National pour la Promotion de la Transplantation d’Organes (CNPTO).

D’après Rafika Bardi, directrice du CNPTO et professeure d’immunologie à la faculté de Médecine de Tunis, ce manque de donneurs s’explique par une certaine réticence. “Les Tunisiens ne sont pas assez sensibilisés sur cette question. On en parle rarement dans les médias par exemple,” précise-t-elle au HuffPost Tunisie.

De plus, “il y a la peur, le manque de confiance face aux rumeurs qui circulent sur ce sujet, les gens croient qu’il existe un trafic juteux, une mafia derrière ça. Ils pensent qu’on va porter atteinte à l’intégrité physique du donneur, qu’on va le dénaturer. Or le don d’organe est bien réglementé par la loi, on suit des normes bien précises, le dossier du donneur est soumis à un conseil scientifique et examiné par des commissions spécialisées dans le cadre de la transparence totale”, explique-t-elle.

 La question sur le don d’organes tourne souvent vers des discussions sur l’après la mort, les expériences de mort imminente, les croyances religieuses, etc, signe que la question est complexe chez certains.

 

 

 

 

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