MAGHREB
18/05/2014 11h:52 CET | Actualisé 18/05/2014 11h:55 CET

Tunisie: Dernier jour du pèlerinage de la Ghriba à Djerba, "un petit succès"

Flickr Tab59
La synagogue de la Ghriba à Djerba

Des pèlerins juifs tunisiens et étrangers se rassemblaient dimanche à la Ghriba, la plus ancienne synagogue d'Afrique située sur l'île tunisienne de Djerba, au deuxième et dernier jour d'un pèlerinage annuel qui s'est tenu sous très haute sécurité.

Cette célébration joyeuse et détendue, aux allures de réunion de famille, a commencé vendredi avant une interruption samedi en raison du Shabbat.

Des centaines de personnes ont participé au rituel vendredi, priant et déposant dans une cavité au fond de la synagogue des oeufs sur lesquels ont été inscrits des vœux de santé, de bonheur et de fertilité.

L'un des représentants de la communauté juive de Djerba, Perez Trabelsi, a dit à l'AFP attendre quelque 2.000 pèlerins en tout d'ici dimanche soir.

"C'est un petit succès", a estimé son fils, Victor Trabelsi.

L'affluence reste en effet loin des quelque 8.000 personnes qui se pressaient à la synagogue avant l'attentat-suicide au camion piégé de 2002, qui avait fait 21 morts dont une majorité de touristes allemands.

Entre cette attaque et la révolution de janvier 2011 qui a fait tomber le régime du président Zine El Abidine Ben Ali, les festivités à la Ghriba attiraient en moyenne 3.000 personnes chaque année.

Les crises politiques à répétition et l'essor d'une mouvance jihadiste armée ont freiné l'affluence, qui s'est limitée à quelques centaines de visiteurs.

La stabilisation relative du pays depuis janvier, avec le retrait du pouvoir des islamistes d'Ennahda pour laisser la place à un cabinet d'indépendants en attendant des élections prévues en 2014, a relancé les réservations.

"J'ai rencontré des pèlerins. Beaucoup d'entre eux m'ont dit qu'ils n'étaient pas venus ces dernières années parce qu'ils avaient peur, et (cette année) ils ont été épatés par la Tunisie qu'ils ont vue", a assuré dimanche à la presse la ministre du Tourisme Amel Karboul, dans un hôtel de Djerba.

"Pour certains, c'est un double pèlerinage: un pèlerinage religieux, et un pèlerinage sur la terre de leurs aïeux", a ajouté Mme Karboul qui doit visiter la Ghriba dimanche, en se réjouissant que certains "renouent avec leur identité tunisienne".

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