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08/09/2019 10h:11 CET | Actualisé 08/09/2019 10h:11 CET

Tunisie: "Et Dieu… créa la femme"

Et si Salwa Smaoui représentait finalement la Tunisie libérée que l’on attend depuis si longtemps ?

Facebook/Nabil Karoui
Salwa Smaoui

Si “la femme tunisienne” devait être incarnée par une personne, ce serait bien Salwa Smaoui. Déterminée, l’épouse de Nabil Karoui remplace au pied levé son mari, emprisonné depuis le 23 août. Mais pas question de s’apitoyer sur son sort ou d’abandonner la lutte contre la pauvreté lancée par son mari il y a trois ans maintenant…

Salwa est apparue comme le “joker” de 9alb Tounes et a fini de convaincre les indécis avec un discours posé, déterminé et sincère. “La femme est l’avenir de l’Homme”, et Salwa l’a démontré. A n’en pas douter, Salwa Smaoui est de la trempe de ces symboles dont se délectent les médias lorsqu’ils évoquent “la femme tunisienne”. Il ne lui a fallu que quelques jours pour conquérir les cœurs et faire l’unanimité, dans un pays pourtant divisé à propos de la candidature de Nabil Karoui.

Le 2 septembre, une épouse est montée sur la scène du premier meeting de campagne à Gafsa, le fief de Salwa. Mais c’est bien une femme politique, à en faire pâlir Abir Moussi et Salma Elloumi, qui en est redescendue quelques minutes plus tard. Ce jour-là, et les suivants, Salwa Smaoui a acquis un nouveau statut. De “femme de”, elle est devenue le symbole de tout ce qu’a pu produire de positif la Tunisie depuis plusieurs décennies : libre, indépendante, forte, classe et jolie au demeurant, Salwa est montée au créneau pour rassurer.

Mission réussie pour celle qui s’est muée en représentante d’un combat pour la justice et qui a poursuivi la lutte sociale débutée par Nabil Karoui et à laquelle elle participait jusque là dans l’ombre. Ennahdha voulait autrefois que la femme soit “un complément de l’homme”. On est à mille lieues de cela!

Salwa est tout autant une femme d’exception que le symbole des Tunisiennes dans toute leur diversité: symbole par excellence de l’émancipation des femmes depuis le milieu des années 1950 tout d’abord ; symbole aussi du mariage entre le nord et le sud. Sa poigne de fer sudiste n’a échappé à personne, tant elle montre l’importance de la femme dans le couple tunisien. Si Nabil Karoui ne rassurait pas tous les Tunisiens, nul doute qu’avec une telle Première dame, le pays serait bien représenté à l’international.

L’air de rien et sous couvert de poursuivre la campagne de son époux, Salwa a apporté des premières garanties convaincantes : avec elle, “la femme tunisienne” ne sera plus un simple concept que l’on fête chaque 13 août par obligation, mais bien une réalité. Car comme le disait le syndicaliste Tahar Haddad, “une société dans laquelle les femmes ne sont pas libérées n’est pas véritablement libre”.

Et si Salwa Smaoui représentait finalement la Tunisie libérée que l’on attend depuis si longtemps ?

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