LES BLOGS
05/09/2018 18h:23 CET | Actualisé 05/09/2018 18h:23 CET

Tunisie - Education: 10% des établissements scolaires sont privés

C’est un fait indéniable, le secteur privé a le vent en poupe et est pour devenir un business très lucratif.

Zohra Bensemra / Reuters

Ce chiffre paraitrait alarmant pour les fervents défenseurs de l’école et de l’enseignement publics, un chiffre impressionnant qui donne la mesure du péril.

Mais c’est un fait indéniable, le secteur privé a le vent en poupe et est pour devenir un business très lucratif.

En effet, selon les données statistiques officielles du ministère de l’Éducation publiées en 2016, 10% des établissements scolaires relèvent du secteur privé avec une tendance haussière, partie pour durer. 

Ce chiffre est à revoir à la hausse, puisqu’en 2016 on dénombre seulement 324 écoles primaires privées contre 414 en 2017…Soit une évolution de 28%!

Il faut avouer que les dernières années ont été marquées par moult troubles dans le secteur de l’enseignement, entre année blanche et arrêts fréquents des cours, soulevant le tollé général des citoyens.

Des promoteurs anticipant l’inquiétude grandissante des parents qui aspirent à assurer un enseignement et un apprentissage de qualité à leurs enfants, ont saisi ce créneau pour y investir sans compter.

Ainsi, rien qu’en 2016, les établissements privés ont accueilli près de 6% des élèves des deux cycles: 6.1% dans le secondaire et 5.3% dans le primaire.

Ce qui est à noter c’est que les établissements privés ont une grande capacité d’accueil et le nombre d’inscrits ne pourrait que croitre.

En outre, le gouvernement envisage d’améliorer les performances du secteur privé dans un axe qui s’inscrit dans son projet de réforme du système éducatif national.

À titre de rappel, la réforme du Système Éducatif tunisien, a été lancée suite au dialogue national entamé en Avril 2015.

Ce projet de réforme, qui n’est guère une promenade de santé, traine avec des commissions dont les travaux ont été mis entre parenthèses, faute d’un engagement loin des surenchères politiques et d’un syndicalisme politisé paralysant.

Et de finir, afin de contenir une situation quasi-explosive, et une rentrée scolaire qui s’annonce tumultueuse avec une centrale syndicale qui n’arrive pas à canaliser l’ardeur belliqueuse de ses troupes, le département de l’Éducation, annonce entreprendre quelques mesures plus palliatives que de fond:

  1. Suppression des cours les samedis au profit d’activités parascolaires.

  2. Enseignement de la langue anglaise à partir de la quatrième année.

  3. Enseignement de la langue française à partir de la deuxième année.

Nul ne doute que ces mesures sont bien intentionnées, mais celles-ci pourraient occulter le fond de la tant-attendue réforme pour se concentrer sur la forme, on aura alors, derechef, raté la marche.

 

Ministere de lEducation
Ministere de lEducation
Ministere de lEducation

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.