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23/07/2018 13h:45 CET | Actualisé 23/07/2018 13h:45 CET

Tunisie: Des maux à guérir, des mots pour le dire, en attendant 2019

Trivialement et au nom du sacro-saint vote utile, on se retrouvera au deuxième tour à choisir entre un candidat soutenu par Ennahdha et un autre blaireau pour, in fine, élire quelqu’un d’encore plus inutile!

Zoubeir Souissi / Reuters

Je doute de l’efficacité de l’espace virtuel pour rassembler et mobiliser toutes les bonnes volontés, autour de projets porteurs d’innovation pour le pays ou de proposer des idées concrètes capables de déboucher sur des issues créatrices et qui seraient sérieusement prises en compte par les décideurs. Ainsi, l’exercice d’écriture devient un exutoire par où s’épanche, des interrogations, une angoisse, une révolte intérieure et des figures bouillonnantes...

Quand on a pris conscience de l’étendue de la laideur du paysage politique, de toute la crasse dans l’environnement et dans les esprits et face à la désespérance de voir notre pays offrir, à une grande échelle et toute l’année, des spectacles paisibles et colorés, délivrant des messages d’amour et de tolérance avec si possible, une pointe d’humour ; il devient alors salvateur et même thérapeutique d’aller assister aux spectacles de qualité, qu’offrent les différents festivals estivaux.

Un humoriste franco-marocain, invité à se produire sur la scène du plus prestigieux des festivals, a taclé au début de son spectacle le nonagénaire occupant de Carthage, ce qui a suscité l’hilarité des spectateurs mais aussi une réaction épidermique de certains qui, dans un sursaut de nationalisme déplacé, de fierté de pacotille et fortement offusqués, y voyaient une offense au peuple qui l’a élu démocratiquement, voire un crime de lèse-majesté envers un président, le représentant de tous les tunisiens, que dis-je? Le père de la nation, selon eux. Si pathétique!

Le grand peuple tunisien ou devrais-je dire avec la prononciation de cette pitoyable élue de la constituante, le grand “peple”, qui assoiffé, malmené, abusé, saigné, subissant les avanies de cette classe dirigeante vorace, peine à réagir, à relever la tête, à descendre dans la rue pour tonner, se contentant individuellement de solutions de rafistolage en adaptant ses besoins vitaux et en réajustant son quotidien ou encore en cherchant à fuir le pays. En dépit de l’argument râpé et souvent brandi en ultime recours, des trois milles ans de civilisation, je trime à trouver une source, un relent de fierté ...

Reprenons le fil des événements: En 2011, un soulèvement de jeunes des régions intérieures et une grande émeute baptisée à la hâte révolution, a amené aux commandes des dirigeants, loins d’être de toute première fraicheur et on a connu, par un subtile jeu d’élections, un ballet de responsables tous novices, plus incompétents et inutiles les uns que les autres, pour en arriver aux occupants des instances actuelles, fidèles à la même ligne de conduite. Le pouvoir se retrouve alors entre les mains de factions aux desseins et intérêts convergents, rivales en apparence mais complices en catimini. L’élu à la magistrature suprême dont la primauté est l’avenir de sa lignée et de son parti rapiécé, autour duquel gravitent et s’agglutinent d’étranges créatures avec pêle-mêle, des troubadours, des barbouzes, des sbires, des malfrats blanchis et réhabilités...il a même son Goebbels! Tous bavant d’appétit insatiable pour le pouvoir avec en ligne de mire la course pour 2019.

Nul besoin d’être extralucide et sans faire dans le complotisme, pour réaliser que, sauf bouleversements majeurs, nous aurons, à choisir entre des candidats adoubés par les puissances étrangères et les bailleurs de fonds qui, soucieux de la préservation de leurs intérêts, ont depuis toujours régenté le pays. Trivialement et au nom du sacro-saint vote utile, on se retrouvera au deuxième tour à choisir entre un candidat soutenu par Ennahdha et un autre blaireau pour, in fine, élire quelqu’un d’encore plus inutile! Un passage obligé est l’incontournable utilisation de la femme, hélas, vue à travers l’histoire récente comme un outil de manipulation de masse plus qu’un partenaire politique à part entière! De l’image de Bourguiba enlevant son foulard à une femme et l’embrassant sur les deux joues à celle de l’actuel président qui a su miroiter l’épouvantail intégriste et véhiculer le risque de danger sur ses acquis, pour atteindre son objectif et arriver au résultat qu’on connait ...

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