MAGHREB
17/12/2013 06h:13 CET | Actualisé 17/12/2013 08h:49 CET

Anniversaire du déclenchement de la révolution: Les trois présidents absents de Sidi Bouzid "par mesure de sécurité"

Présidence de la République TN

Le président de la République Moncef Marzouki, le chef du gouvernement Ali Laarayedh et le président de l'Assemblée constituante Mustapha Ben Jaâfar seront absents mardi des célébrations du troisième anniversaire du déclenchement de la révolution à Sidi Bouzid pour des raisons de sécurité, selon l'organisateur des cérémonies officielles.

"Par mesure de sécurité, l'inauguration (du festival) en présence des trois présidents a été annulée", a indiqué à l'AFP Mohamed Jalléli, organisateur du "Festival international de la Révolution du 17 décembre".

Il n'a pas précisé la nature des menaces, mais un dispositif sécuritaire important a été déployé dans le centre de Sidi Bouzid, berceau de la révolte déclenchée par l'immolation le 17 décembre 2010 d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, excédé par la misère et les brimades policières.

Les forces de l'ordre à Sidi Bouzid ont confirmé à notre journaliste sur place que les membres du gouvernement et de l'opposition seront absents mardi des célébrations du troisième anniversaire du déclenchement de la révolution à Sidi Bouzid.

Une information confirmée par Aida Daly, l'attaché de presse de l'organisation du festival de Sidi Bouzid:

"C'est dommage, on voulait qu'ils viennent pour glorifier l'évènement." Aida Daly a également affirmé que les 17 coups de feu (en hommage au 17 décembre, date de l'immolation de Mohamed Bouazizi) n'auront pas lieu pour des raisons de sécurité.

"À mon avis, Les autorités avaient peur des actions terroristes" a-t-elle ajouté.

Un mauvais souvenir

L'année passée, MM. Marzouki et Ben Jaâfar avaient été visés par des jets de pierres de manifestants lors de la cérémonie officielle. Aucun des trois dirigeants tunisiens n'avait fait part de son intention de participer aux célébrations de mardi.

La société civile de Sidi Bouzid se préparait à une manifestation en fin de matinée pour dénoncer la marginalisation économique de cette région.

Trois ans après la révolution, la Tunisie reste minée par la pauvreté et le chômage, facteur-clé de la révolte. Le pays est aussi déstabilisé par une profonde crise politique aggravée par l'assassinat du député Mohamed Brahmi le 25 juillet.

Après deux mois de tractations, la majorité des participants au dialogue national a désigné samedi le ministre de l'Industrie Mehdi Jomâa, un indépendant, pour succéder au chef du gouvernement Ali Laarayedh du parti islamiste Ennahdha, au pouvoir depuis octobre 2011.

Le calendrier pour l'entrée en fonction du nouveau chef de gouvernement doit être fixé mercredi lors de nouveaux pourparlers entre islamistes et opposants.

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