ALGÉRIE
18/03/2015 15h:31 CET | Actualisé 18/03/2015 15h:40 CET

Les Algériens choqués et solidaires: "ne laissons pas la Tunisie seule..."

Avant même que le gouvernement algérien n'exprime de manière forte la "solidarité absolue et inconditionnelle", les Algériens, très choqués par le carnage du musée du Bardo à Tunis, qualifié par un journaliste de "Tiguentourine" tunisien, exprimaient leur solidarité sur les réseaux sociaux.

La gravité de l’événement et ses lourdes implications aussi bien pour la Tunisie que pour le reste du Maghreb ont été soulignées.

Abed Charef, journaliste, un des piliers du Café Presse Politique de Radio M de Maghreb Emergent pose déjà la difficile problématique de l'après-Bardo dans une Tunisie qui tente d’élargir sa petite brèche démocratique dans un monde arabe encore plus autoritaire que jamais depuis le reflux des contestations et la réussite de la contre-révolution en Egypte.

La solidarité des citoyens s'exprime en des mots simples : "nous sommes avec la Tunisie" ou "nous sommes tous des Tunisiens" ou "Je suis Tunisien".
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A mesure que le bilan s'alourdissait, de nombreux algériens, choqués, étaient confortés qu’un des principaux but des tueurs est une déstabilisation du pays par une attaque frontale contre l'économie du tourisme.

Les appels se sont multipliés pour inviter les algériens à aller "encore plus nombreux que d'habitude" passer leurs vacances en Tunisie. C'est le soutien le plus concret que peuvent faire les algériens. Etre plus nombreux à prendre la route de la Tunisie.

La journaliste Faten Hayed réagissait avec vigueur par un triple non à un titre, particulièrement sinistre du journal français libération, annonçant "c'est fini la Tunisie, c'est fini le tourisme".

Des journalistes ont lancé sur Facebook une page intitulée "Les Algériens aiment la Tunisie" avec un appel à exprimer la solidarité par une présence plus grande cet été dans l'unique pays en voie de démocratisation dans le monde arabe.

"La Tunisie est meurtrie. La tuerie du Bardo nous émeut. Disons notre solidarité : Nous serons encore plus nombreux à passer nos vacances en Tunisie".

L'éditorialiste Nadjib Belhimer a mis en ligne sans attendre sa chronique dans laquelle il dénonce des assassins qui n'ont aucun "projet politique" mais qui "sèment la mort et la destruction" et profitent du "chaos sécuritaire en Libye".

"Il n'est pas dans l'intérêt de l'Algérie de laisser la Tunisie seule face à cette machine de mort criminelle. Notre sécurité pâtira de la mauvaise situation économique de la Tunisie que les terroristes veulent compliquer davantage avec ce genre d'opérations afin de créer les conditions du chaos. Des frontières non sécurisées avec la Tunisie ne fera qu'élargir le front de la menace qui s'étend désormais de près de la 1000 km, la longueur de la frontière avec la Libye".

La bataille contre le terrorisme concerne l'Algérie de manière "directe". C'est une bataille à mener par le "renseignement", par les "armes" mais aussi par l'économie. "Il ne serait pas sage de laisser la Tunisie seule dans ces circonstances difficiles".

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