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03/04/2015 15h:25 CET | Actualisé 03/04/2015 15h:50 CET

Tunisie - Attentat du Bardo: Les différentes identités du troisième homme à l'intérieur du musée

فيديو لوزارة الداخلية يُبيّن دُخول الإرهابيّين المُسلحين المُرتكبين للعمليّة الإرهابيّة لفضاء متحف باردو

فيديو لوزارة الداخلية يُبيّن دُخول الإرهابيّين المُسلحين المُرتكبين للعمليّة الإرهابيّة لفضاء متحف باردو 2015-03-18

Posted by Ministère de l'Intérieur - Tunisie on Saturday, March 21, 2015

Le 21 mars 2015, trois jours après l'attentat du Bardo qui a coûté la vie à 22 personnes, le ministère de l'Intérieur a diffusé une vidéo, montrant des images prises par les caméras de surveillance à l'intérieur du musée, au moment de l'attaque.

Dans la dernière partie de la vidéo, les deux assaillants tués se trouvent au pied d'un escalier alors qu'un autre homme descend les marches. Après un moment d'hésitation et un échange furtif, ce dernier accélère le pas dans la direction inverse.

En diffusant ces extraits, le ministère de l'Intérieur n'avait alors donné aucune précision sur l'identité de ce troisième homme...

Un des "agresseurs" pour Béji Caïd Essebsi

Le lendemain matin, en visite au musée pour rendre hommage aux victimes, Béji Caïd Essebsi accorde une interview à des médias français. A la question: "Les agresseurs étaient-ils deux, trois, quatres? Combien étaient-ils vraiment?", le Président tunisien répond: "Sûrement il y a en avait trois déjà, parce qu'ils ont été identifiés et filmés par les caméras de surveillance". "Deux ont été exécutés mais il y en a un qui court quelque part. (...) De toutes façons il n'ira pas très loin", a-t-il assuré.

Béji Caïd Essebsi a ainsi précisé que ce troisième "agresseur" avait été identifié par les caméras de surveillance, faisant vraisemblablement référence à la vidéo du ministère de l'intérieur.

Un des "chauffeurs de Vespa" pour Rafik Chelly

Le même jour sur Paris Match, Rafik Chelly, secrétaire d'Etat aux Affaires sécuritaires, donne une autre version que celle donnée par le président de la République.

"Le suspect en cavale n’est pas le même 'troisième homme' que celui visible sur les bandes de camera de surveillance du musée lors de l’attaque de mercredi, diffusées par les autorités", affirme le média français sur la base des déclarations du secrétaire d'Etat.

"Celui qu’on voit est l’un des deux chauffeurs de Vespa qui a amené les tueurs, puis qui a voulu fuir en constatant l’importance de la riposte policière déjà sur place", a en effet déclaré M. Chelly, précisant que les chauffeurs avaient déjà été arrêtés.

Un des "visiteurs" du musée, selon Habib Essid

Troisième agresseur ou chauffeur de Vespa? Ni l'un, ni l'autre, affirme le Chef du gouvernement tunisien Habib Essid.

"Il y a eu trois personnes mais deux seulement sont rentrées au niveau du musée (...) La personne qu'on voit sur la vidéo est un visiteur. C'était quelqu'un du Yémen, qui a dit 'je suis du Yémen, je suis arabe (...)', ils l'ont laissé, ils ne lui ont pas tiré dessus", a déclaré M. Essid le 1er avril, sur la radio française RTL.

Pas de "troisième homme"

Agresseur en cavale pour Béji Caïd Essebsi, chauffeur de Vespa derrière les barreaux pour Rafik Chelly, touriste yéménite rescapé pour Habib Essid, l'identité du troisième homme de la vidéo, n'a pas été évoquée par Najem Gharsalli, ministre de l'Intérieur.

"Il n’y a que deux assaillants qui ont fait l’opération directement à l’intérieur du musée", a-t-il brièvement indiqué à la presse le 26 mars, sans plus de précisions.

Pour Rafik Chelly également, il n'est plus question de "troisième homme", ni de chauffeur de Vespa. "Il a été avéré que seules deux personnes ont mené l'opération du Bardo et elles ont été abattues", a assuré le Secrétaire d'Etat ce vendredi, sur les ondes de Mosaïque FM.

Aucune justification n'a été donnée par les autorités pour expliquer ces déclarations contradictoires, accordées à des médias étrangers. Contacté à de nombreuses reprises par le HuffPost Tunisie, le porte-parole du ministère de l'Intérieur demeure injoignable.

LIRE AUSSI:Le manque de clarté des autorités critiqué après l'attentat du Bardo

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