TUNISIE
16/10/2018 10h:04 CET | Actualisé 16/10/2018 11h:53 CET

TUMO, l'école de création numérique: Pourquoi pas en Tunisie?

Il y a toujours une solution, les moyens sont loin d'être un obstacle.

Ayda Labassi

En marge du Sommet de la Francophonie de 2018 à Erevan, l’école TUMO a ouvert ses portes pour accueillir le Forum économique et numérique. Un événement mettant en avant l’importance du numérique dans le développement de l’économie, notamment à Erevan. La présence du robot Sophia a parfaitement illustré le thème de la matinée.

Pour le Président arménien, Armen Sarkissian, TUMO est l’“exemple parfait du développement du numérique en Arménie (...) Le numérique a bouleversé ce pays”, s’est-il exprimé lors de son discours. 

Ayda Labassi

Tumo a ouvert à Erevan en 2011. De 1000 élèves, ils sont passé à 10000, sept ans plus tard, sans compter les 2500 jeunes sur la liste d’attente.

Un modèle d’innovation pédagogique

Les spécificités de TUMO? Une école gratuite, qui accueille les élèves entre 12 et 18 ans, dans un cadre hautement technologique. Horaires libres, activités diversifiées, les jeunes arméniens et arméniennes profitent d’une formation gratuite, d’un accès à la technologie et à l’éducation, où la polyvalence est au rendez-vous.

Ayda Labassi

Pas d’examens, pas de pré-requis, “l’intention est de les former dans tout ce qui est technologie et art, afin qu’ils aient une base forte pour le future, dans leurs parcours académique ou leur carrière professionnelle”, explique Marie Lou Papazian, CEO de TUMO.

Au-delà de ce qu’ils apprennent dans leurs écoles, TUMO les forme aux métiers du futur, à l’art, à la technologie.

Dans une salle de cours de design graphique, on demande aux jeunes élèves si c’est ce qu’ils comptent faire plus tard. Seulement quelques mains se lèvent en guise de “oui”, les autres sont là pour découvrir, explorer, et un jour, être polyvalent, d’au moins s’y connaitre un peu dans d’autres domaines que le leur. “Je veux être médecin plus tard moi”, s’exprime l’une des élèves.

Ayda Labassi

À TUMO, “les élèves sont en charge de leur apprentissage, c’est eux qui choisissent, c’est eux qui décident la vitesse avec laquelle ils progressent et c’est eux qui décident combien de temps ils restent ici”, explique encore Marie Lou Papazian.

Après l’école, qui se finit à 15h30 en Arménie, les élèves se dirigent vers TUMO. La seule condition? L’engagement. École gratuite aux moyens colossaux, les absences sont en effet contrôlées. 

Les pépites de TUMO

Quant aux résultats concrets, on retrouve l’atelier de musique qui a mis au monde un groupe de musique, alliant poèmes arméniens, rap et musique électronique.

Il y a même une start-up installée à l’étage, dont les fondateurs sont des “ex-TUMO”. On les retrouve, au milieu de bandes-dessinées collées partout sur les murs.

Ayda Labassi

D’ailleurs, ici et dans tout le centre, ce sont des décorations éphémères qui ornent les murs. En réalité ce sont les réalisations effectuées par les élèves au sein de l’institution, comme les dessins et les typographies. 

Ateliers de création graphique, réalité virtuelle, coding, gaming, musique assistée par ordinateur, photographie, etc. Le centre TUMO d’Erevan regroupe 14 différents domaines d’étude.

Ayda Labassi

En Arménie, il y a trois autres centres TUMO déjà en marche, et deux qui seront bientôt ouvert. Mais l’école a aussi des franchises, qui ouvrent bientôt leurs portes, notamment à Paris, à Beyrouth, en Albanie, à Moscou et en Allemagne. 

Pourquoi pas en Tunisie?

On pense d’abord aux moyens en se demandant pourquoi une école comme celle-ci n’ouvrirait pas ses portes en Tunisie. Pour la directrice de TUMO, “les moyens sont loin d’être un obstacle!”, affirme-t-elle. “Une école TUMO en Tunisie, c’est possible, il suffit de nous contacter, et on trouvera bien un moyen pour la faire marcher”.  

Ayda Labassi

 

Pour TUMO Erevan, le modèle économique permet la gratuité de l’accès aux élèves. C’est sans indiscrétion qu’elle nous livre la formule magique. C’est en effet un mécène, Arménien installé aux États-Unis, qui a mis tous les moyens nécessaires pour construire cet immeuble et renouveler le parc à l’extérieur. Outre les coûts liés au démarrage de l’activité, ce sont les loyers des étages supérieurs qui permettent de financer les activités du centre. Le cas n’est pas le même pour toutes les écoles TUMO. Dans d’autres régions, ce sont les mairies qui ont fourni l’espace pour y placer le centre. Concernant l’école TUMO Beyrouth, les élèves auront à payer un abonnement mensuel.

“Ici, à Erevan, chaque élève nous coûte 20 dollars, plus le nombre d’élèves est grand, plus ce chiffre peut diminuer”. 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.