MAROC
11/11/2015 04h:14 CET | Actualisé 11/11/2015 04h:32 CET

Et si un tsunami s'abattait sur le Maroc?

Michael Dawes/Flickr
Et si un tsunami s'abattait sur le Maroc?

CATASTROPHE NATURELLE - Et si un tsunami dévastateur venait à s’abattre sur les côtes marocaines ? Des experts se penchent sérieusement sur la question. Pour faire face à la menace d’une vague géante qui pourrait secouer aussi bien les côtes marocaines que celles de l’Espagne et du Portugal, les autorités publiques des trois pays mènent les 11 et 12 novembre un exercice théorique conjoint.

Le "Westsunami 2015" consiste à renforcer les procédures de réponses en cas de catastrophe naturelle –et notamment de tsunami- et améliorer leur coordination avec l’aide du Centre européen de coordination des interventions d'urgence (ERCC).

Le scénario simule un tremblement de terre, avec un épicentre proche de celui de 1755 (Lisbonne), qui pourrait provoquer une vague secouant le sud-ouest de la péninsule ibérique, les îles Canaries et la façade atlantique du royaume. Les agences de surveillance de chaque pays devront alors donner l'alerte et avertir les autorités compétentes. Ce qui permettrait ensuite de prévenir la population potentiellement mise en danger (cette étape n’est pas mise à l'oeuvre durant l'exercice).

Un groupe d'observateurs internationaux est également présent. Les pays représentés sont, entre autres, la France, l'Autriche, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, le Liban, la Tunisie et l'Algérie.

Les côtes marocaines ravagées en 1755

Même si les probabilités demeurent faibles, en matière de tsunami, c'est mère nature qui décide, en conséquence de quoi, le risque zéro n'existe pas.

En 1755, un séisme redoutable d’une magnitude proche de 9 sur l’échelle de Richter avait ravagé la ville de Lisbonne et entrainé des dégâts jusqu’au Maroc, où une vague destructrice d’une quinzaine de mètres de haut avait secoué une partie de la côte atlantique marocaine, de Tanger à Agadir, soit près de 800 km de côtes, provoquant d’importants dégâts humains et matériels.

Et à en croire le duo de spécialistes Steven Ward et Simon Day, cités par le sismologue marocain Taj-Eddine Cherkaoui dans les colonnes du Courrier de l’Atlas, une catastrophe naturelle similaire pourrait se reproduire, mêmes si les causes pourraient différer.

A l’origine cette fois, l’instabilité du flanc ouest du volcan Cumbre Vieja, sur l’île de Palma (dans les Canaries), qui pourrait "générer une éruption qui entraînerait l’éboulement de près de 500 km3 de terres et de roches dans l’océan, déplaçant des montagnes d’eau pouvant atteindre les tailles critiques de 50 mètres de hauteur sur les côtes du royaume", avancent-ils.

Un tsunami dans les 30 prochaines années ?

Dans son livre "Prévision et prévention des catastrophes naturelles et environnementales. Le cas du Maroc", le chercheur Driss Bensari écrit que "sur le plan continental, le Maroc se trouve dans la zone d’Afrique la plus active du point de vue sismique".

"Sur le plan régional et sous régional, notre pays s’insère également dans la zone méditerranéenne ibéro-maghrébine, une région bien connue pour son instabilité sismique et comprenant des zones à haut risque", explique le chercheur.

Qu’en pensent les autorités marocaines ? Selon une étude menée pendant 4 années par le ministère des Affaires générales et de la gouvernance, en partenariat avec la Banque mondiale, et publiée juin 2013, "un nouveau tsunami de 8 mètres pourrait se produire au cours des 30 prochaines années sur Casablanca".