MAROC
09/06/2019 17h:50 CET | Actualisé 09/06/2019 17h:51 CET

Trump a tenté d'empêcher un spécialiste du climat de témoigner devant le Congrès

Le chercheur avertissait seulement que le réchauffement climatique serait “potentiellement catastrophique”. La Maison Blanche a crié à "la propagande alarmiste".

Le HuffPost

CLIMAT - Ce n’était pas ce que la Maison Blanche avait envie d’entendre. L’administration Trump a voulu empêcher un scientifique de témoigner devant le Congrès sur le changement climatique après avoir vu son rapport, assurent ce samedi 8 juin le Washington Post ainsi que le New York Times.

Ses conclusions n’étaient pourtant pas explosives. Rod Schoonover avertissait que le réchauffement climatique serait “potentiellement catastrophique”. Mais pour le gouvernement Trump, un tel discours relevait de “la propagande alarmiste sur le climat”.

Finalement, ce chercheur du Bureau of Intelligence and Research pourra se présenter devant les parlementaires, mais son témoignage écrit ne sera pas enregistré en compte-rendu. Le Conseil de sécurité nationale avait tenté en vain de lui faire revoir sa copie. Dans ce document, rien de nouveau dans l’univers des scientifiques du climat. En tous cas, pour ceux qui admettent sa réalité et ses dangers.

“En l’absence d’efforts importants, nous voyons peu de scénarios futurs plausibles dans lesquels aucun préjudice important, voire catastrophique, ne pourrait résulter du changement climatique”, résume le document, transmis au quotidien américain.

 

Il identifie neuf “points de bascule” irréparables, tels que la fonte des glaces ou l’extinction massive d’espèces essentielles à la biodiversité comme les coraux ou les insectes. 

La Maison Blanche a voulu corriger le document

Des hauts responsables de l’administration ont tenté, en vain, de corriger ce document avant sa transmission au Congrès pour qu’il corresponde mieux à la vision du président .

Selon le Washington Post, le Conseil de sécurité national a annoté le document avec différents commentaires. Parmi eux, “ce n’est pas du tout un témoignage objectif”, “ce n’est pas de la science, mais de la propagande alarmiste sur le climat.” Il s’est aussi opposé à l’expression “point de bascule” qui selon lui est “un slogan de propagande de scientifiques illettrés.”

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a multiplié les décisions pour détricoter les avancées de son prédécesseur sur les questions climatiques et environnementales, il a nommé des climatosceptiques à des postes clés et a retiré les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat

Cette semaine, dans une interview à Piers Morgan sur “Good Morning Britain”, il a assuré que les États-Unis - deuxième émetteur de dioxyde du monde - avaient “l’un des climats les plus propres” de la planète. 

Cet article a été initialement publié par Le HuffPost France.