MAROC
23/10/2018 18h:17 CET

Trois syndicats appellent au sit-in contre la hausse du prix du carburant

Le redémarrage de la Samir “mettra un terme à la hausse des prix du carburant", invoquent-ils.

YOUSSEF BOUDLAL / REUTERS

SYNDICAT - Jeudi 25 octobre est décrété journée de colère. Trois bureaux syndicaux de la Samir affiliés à la CDT, la FDT et l’UNTM appellent à observer un sit-in ce jour-là à 15h devant le ministère de l’Economie et des Finances. Ce front syndical veut ainsi dénoncer le coût des hydrocarbures, estimé à 11 milliards de dirhams chaque année, et que le gouvernement aurait pu amortir s’il avait remis en fonction la Samir. 

Dans un communiqué de presse, les trois syndicats accusent le gouvernement d’adopter une “position négative vis-à-vis de la crise de la raffinerie de Mohammedia et de se contenter d’être spectateur des gros dégâts générés par son arrêt de production depuis août 2015”. Réagissant au lendemain de la présentation du projet de loi de finances 2019 (PLF) par le ministre en charge du secteur, Mohamed Benchaâboun, le lundi soir au Parlement, ces syndicats soutiennent que le mutisme du gouvernement face à la crise de la Samir a eu pour conséquences, entre autres, “la dilapidation des deniers publics”, estimée à 20 milliards de dirhams par les syndicats, et “le déséquilibre financier de plus de 400 entreprises créancières”.

Contre des dépenses qui pourraient être évitées, selon ces syndicats, ce sit-in estime nécessaire que “le gouvernement intervienne d’urgence pour sauver la raffinerie d’une fermeture définitive et de la destruction”. Une revendication légitime, disent-ils, invoquant l’importance pour le Maroc de “préserver les acquis économiques, sociaux et financiers que représentent les industries de raffinage du pétrole pour le Maroc et les Marocains”.

Et dans le cadre de ces acquis, le front syndical se dit convaincu que le redémarrage de la Samir “mettra un terme à la hausse des prix du carburant qui porte atteinte au pouvoir d’achat des consommateurs”.

Dans le cadre de ce plaidoyer pour la reprise de production au sein de la Samir, le “Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole” annonce, par ailleurs, l’organisation d’une conférence de presse le lendemain du sit-in à Rabat. À l’ordre du jour: faire le point sur les initiatives entreprises par le front pour donner une nouvelle chance à cette raffinerie. 

Le 21 septembre, ce front avait adressé une lettre aux différents départements ministériels, responsables d’institutions concernées et députés. La réactivité n’a pas toujours été au rendez-vous. Les membres du front ont pu rencontrer la secrétaire générale du PSU, Nabila Mounib, le secrétaire général du PPS, Nabil Benabdallah, ainsi que de deux députés à la Chambre des conseillers, Nabil Chikhi, président du groupe parlementaire du PJD, et Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire de la CGEM.