29/10/2018 16h:50 CET | Actualisé 29/10/2018 17h:17 CET

Trois quarts des PDG marocains auraient des attentes positives quant aux conditions du marché local

Pour mener son étude, Oxford Business Group a sondé 106 dirigeants d'entreprise.

FADEL SENNA via Getty Images

ÉCONOMIE - Bien que les plus récents indicateurs démontrent un ralentissement économique (croissance qui devrait s’établir à 3% en 2018 contre 4% l’année dernière), les PDG marocains demeurent optimistes quant aux perspectives d’avenir. C’est ce que révèlent les résultats de la dernière enquête réalisée par le cabinet d’intelligence économique Oxford Business Group (OBG). Selon le “Business Barometer: Sondage auprès des PDG du Maroc”, près des trois quarts déclarent avoir des attentes positives ou très positives quant aux conditions du marché local au cours des 12 prochains mois.

C’est ainsi le sentiment de trois quarts des 106 dirigeants d’entreprises interrogés à ce sujet entre novembre 2017 et septembre 2018. Cette perception est corroborée par le nombre important de chefs d’entreprise indiquant la probabilité de faire des investissements dans le futur: 77% d’entre eux déclarent probable ou très probable que leur société réalise un investissement important dans les 12 prochains mois.

Fiscalité et accès au financement

Afin de consolider sa position en tant que puissance régionale, le Maroc pourrait améliorer son environnement fiscal. Avec un impôt sur le revenu des particuliers plafonné à 38% et un impôt maximal sur les sociétés de 31%, auquel s’ajoute un système fiscal local et national relativement complexe, le royaume se classe au 109e rang des 137 pays du Global Competitiveness du Forum économique mondial, Index 2017-18, dans la catégorie relative à la compétitivité du taux d’imposition. En conséquence, 55% des répondants au sondage déclarent que l’environnement fiscal actuel, des entreprises et des particuliers, au Maroc est peu concurrentiel ou très peu concurrentiel à l’échelle mondiale.

De plus, l’accès au financement reste compliqué, notamment pour certaines entreprises. Si 40% des chefs d’entreprise jugent l’accès au financement comme étant facile ou très facile, 38% le trouvent difficile ou très difficile.

“Nous avons néanmoins constaté que de plus en plus d’efforts sont déployés pour faciliter l’accès au financement par des voies non traditionnelles. Par exemple, le pays est en train d’approuver un projet de loi définissant les règles du financement participatif pour les investisseurs et les entreprises, ce qui devrait fournir une nouvelle source de financement aux entrepreneurs, aux entreprises en démarrage et aux petites entreprises dont bon nombre luttent pour accéder aux méthodes de financement traditionnelles”, déclare Jaime Pérez-Seoane De Zunzunegui, Directeur éditorial d’OBG.

L’automobile pour propulser l’industrie

Malgré les obstacles rencontrés par les entreprises marocaines, les dirigeants sont optimistes quant à la dynamique industrielle du pays. Ils sont 55% à désigner le secteur automobile comme étant le secteur le plus susceptible d’accélérer le développement industriel à court et moyen terme au Maroc. Selon les médias internationaux, le Maroc a dépassé l’Afrique du Sud en tant que leader continental pour la production de véhicules en 2017. 

Les prévisions pour 2019 laissent entrevoir une croissance inférieure à celle de 2018, ce qui semble raisonnable compte tenu de la performance récente du pays. Toutefois, la dynamique des secteurs porteurs tels que l’automobile, l’aéronautique, le tourisme ou l’agriculture devrait se poursuivre, tout comme le maintien de l’amélioration de la conjoncture des partenaires économiques majeurs du Maroc, et notamment de l’Union Européenne. La confiance des chefs d’entreprise marocains demeure quant à elle au rendez-vous.