MAROC
28/10/2018 10h:56 CET

Trois mois avant la fusillade à Pittsburgh, le rabbin déplorait l'absence d'une politique anti-armes

Dans un texte en référence à la fusillade dans un lycée de Parkland, Jeffrey Myers regrettait que le sujet des armes n'ait pas été sérieusement traité.

TOLOLS.ORG

PITTSBURGH - La terreur qu’il dénonçait s’est abattue sur lui. Il y a trois mois seulement, le rabbin de la synagogue de Pittsburgh visée samedi 27 octobre par l’attaque antisémite la plus meurtrière de l’histoire récente des États-Unis, dénonçait dans un texte le fléau de la violence par armes à feu.

“Nous méritons mieux”, disait le titre de ce texte publié le 19 juillet sur le site de la synagogue Tree of life (“arbre de vie”) de Pittsburgh, une grande ville de Pennsylvanie, État du nord-est des États-Unis. “Malgré les appels continus pour un plus grand contrôle des armes à feu et de la santé mentale, nos dirigeants élus à Washington savaient que le sujet allait s’estomper avec le temps”, regrettait le rabbin Jeffrey Myers.

Jeffrey Myers: “Où sont nos dirigeants?”

Lorsqu’il écrit ce texte, le responsable religieux a en mémoire les victimes de la fusillade au lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride, le 14 février. 17 personnes étaient tombées sous les balles d’un ancien élève, âgé de 19 ans. Après le drame, les élèves de cet établissement avaient lancé un vaste mouvement exigeant des réformes, efforts restés vains pour l’instant au niveau législatif.

Ce samedi, un Américain de 46 ans a abattu onze personnes et blessé six autres dans la synagogue de Jeffrey Myers, après avoir crié “Tous les juifs doivent mourir”. Les fidèles étaient réunis en ce jour du chabbat, le repos hebdomadaire juif, pour une cérémonie marquant la naissance d’un enfant. Interpellé, l’homme sera poursuivi, entre autres, pour crime antisémite et sera passible de la peine de mort.

 

“Sauf revirement spectaculaire aux élections de mi-mandat (le 6 novembre, ndlr), je crains que la situation actuelle ne change pas, et qu’il y aura de nouvelles fusillades dans les lycées”, écrivait le rabbin en juillet. “Je ne devrais pas avoir à inclure dans mes prières quotidiennes du matin que Dieu veille sur ma femme et ma fille, toutes les deux enseignantes, et les garde en sécurité. Où sont nos dirigeants?”, s’était-il interrogé.

Le rythme effréné de l’actualité

Dans son texte, le rabbin regrettait le rythme effréné de l’actualité, et faisait aussi référence à “l’horreur de la séparation des enfants migrants et de leurs parents”: “Les nouvelles actuelles se recyclent à une vitesse vertigineuse, le sujet prioritaire d’hier étant systématiquement enterré sous la nouvelle information du jour”.

Il écrivait aussi: “Je me souviens avoir lu un post il n’y a pas si longtemps qui décrivait plutôt bien le cycle des nouvelles, et je le paraphrase tel que je m’en souviens: événement tragique - pensées et prières - appel à l’action de nos dirigeants élus - désolation et regrets - on passe à une autre nouvelle”.