ALGÉRIE
01/09/2014 11h:51 CET

La tripartite annoncée pour septembre examinera la suppression de l'article 87 bis et ses impacts (Revue de presse)

HuffPost Algérie

La prochaine rencontre tripartite (gouvernement-patronat-central syndicale) aura lieu durant ce mois de septembre et abordera la suppression de l'article 87 bis du code du travail, a annoncé, hier, dimanche 31 août, Habib Yousfi, Président de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), rapporte l'agence de presse APS.

L'annulation, introduite par le projet de loi des finances 2015, a été adoptée lors du dernier Conseil des ministres tenu mardi 26 août à Alger.

L'article 87 bis, de la loi 90-11, du 21 avril 1990, relative aux relations de travail, modifié le11 janvier 1997, stipule que "le salaire minimum national garanti (SMNG) doit comprendre le salaire de base, les primes et les indemnités, quelle que soit leur nature, à l'exception des indemnités versées pour payer les dépenses assumées par le travailleur".

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Productivité vs. Inflation

Le quotidien arabophone El Khabar met en garde contre les répercussions économiques de la suppression de l'article 87 bis en citant des spécialistes.

"Cette abrogation aura un impact négatif sur l'économie si les entreprises n'augmentent pas la production et la rentabilité", indique Abdelkader Haddouche, professeur d'université qui ajoute "cette décision politique est audacieuse sachant que les autres pays mènent une stricte politique des salaires".

L'académicien M'hamed Hamidouche, cité par l'APS, s'inquiète également des répercussions de cette mesure. "Le taux d’inflation annuel en Algérie qui oscille entre 3% et 4% risque d’augmenter dans les années à venir suite à la décision d’abrogation de l’article 87 bis."

Le même universitaire, cité par El Khabar, indique qu'il faut mettre en place des mécanismes pour évaluer la situation socio-économique permettant des augmentations de salaires selon des modèles scientifiques dont l'inflation qu'il faudra réguler aux alentours de 2%.

A la Une du Soir d'Algérie, Habib Yousfi, président de la CGEA, estime aussi que la future revalorisation salariale pourrait induire une hausse de l'inflation, un risque évident en l'absence de productivité. Il plaide pour la construction d'un SNMG sur une longue durée à travers la productivité et la création des richesses hors hydrocarbures.

Selon le président de la CGEA, la décision du Conseil des ministres a une "porté politique, celle d'apaiser le front social".

Habib Yousfi estime que la redéfinition du salaire ainsi que le cadre des relations et des droits du travail par le prochain code du travail est l'occasion d'un dialogue entre les divers partenaires socio-économiques, "d'une démarche mobilisatrice de tous", à condition que la redéfinition du salaire induise une "contrepartie" en termes de productivité.

Même son de cloches sur les colonnes du Quotidien d'Oran qui indique que "cette abrogation devra améliorer, sensiblement, les salaires des plus démunis mais le patronat insiste sur la nécessité d'augmenter la production".

Impact financier

"Cacophonie" titre le quotidien francophone Liberté, pour souligner la confusion autour de l'impact financier qu'induira l'abrogation de l'article 87 bis et la hausse des salaires qui touchera près d'un million de fonctionnaires.

Habib Yousfi situe le coût entre 4 et 5 milliards, l'économiste Abderrahmane Mebtoul estime un impact de 7 milliards de dollars tandis que l'UGTA parle de 76 milliards de dinars pour la fonction publique et 40 milliards.

Les pouvoirs publics n'ont pas communiqué, pour le moment, le coût précis de cette annulation, ajoute le même article, mais il est certain qu'elle touchera les entreprises. Amortir l'impact de la mesure sur les secteurs économiques fragiles est "sans doute" un des thèmes de la prochaine tripartite, selon Liberté.

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