MAROC
05/08/2019 09h:58 CET

"Trésors de l’islam en Afrique", une exposition "à rebours des idées fausses propagées sur l'Afrique"

L'exposition mettra en exergue 13 siècles d’histoire.

IMA

EXPOSITION - En 2017, à l’occasion d’un voyage officiel en France, le roi Mohammed VI s’est rendu à l’Institut du monde arabe (IMA), en compagnie de l’ancien président François Hollande, pour visiter leur exposition “Trésors de l’islam en Afrique, de Tombouctou à Zanzibar”. Une visite qui a visiblement inspiré le souverain, ce dernier ayant, cette même année, proposé à l’IMA de l’adapter au public marocain.

Deux ans plus tard, c’est chose faite. Ainsi du 17 octobre 2019 au 25 janvier 2020, le public marocain pourra découvrir cette exposition qui aura lieu dans trois espaces de la capitale: le musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI), la galerie Bab El Kébir et la galerie Bab Rouah.

Elle mettra en exergue 13 siècles d’histoire à travers un voyage dans le temps alliant art, archéologie, architecture et ethnographie dont témoignent près de 250 œuvres d’art patrimoniales et contemporaines, provenant de collections publiques et privées du Maroc, d’Afrique et d’Europe.

L’exposition “Trésors de l’islam en Afrique, de Tombouctou à Zanzibar” explorera le sujet inédit des cultures de l’islam en Afrique subsaharienne. Elle s’attache à relater l’histoire de la diffusion de l’islam en Afrique subsaharienne et à montrer pour la première fois la production artistique de ces sociétés musulmanes, explique l’Académie royale dans un communiqué.

Un évènement qui a demandé un travail d’adaptation à ses équipes: “Le Maroc occupe dans cette exposition beaucoup plus d’importance que dans l’exposition parisienne, notamment par l’importance de la philosophie marocaine et soufie, les Tijaniyya, et l’influence extrême du Maroc en Afrique”, explique le président de l’IMA, Jack Lang, au HuffPost Maroc.

Aida Muluneh, City Life, 2016, Archival Digital Print, 80 x 80cm, Edition of 7-Courtesy of the Artist and David Krut Projects New York Johannesburg
 

Des objets et des pensées

“Trésors de l’islam en Afrique” est organisée en collaboration avec l’Académie royale du Maroc, l’Institut du monde arabe, le ministère de la culture et la Fondation nationale des musées. “Cela n’a pas été facile et c’est par les instructions du roi que nous avons déployé cette exposition”, explique au HuffPost Maroc le secrétaire perpétuel de l’Académie royale, Abdeljalil Lahjomri.

Si l’exposition se divisera en trois endroits à travers Rabat, l’Académie royale accueillera de son côté une série de conférences, au rythme d’une par mois pendant huit mois, et fera intervenir des experts, des historiens, des professeurs et des chercheurs d’horizons divers. “Les musées présenteront des objets et nous des penseurs”, continue Abdeljalil Lahjomri.

Huit conférences ayant notamment pour sujet “L’islamisation de l’Afrique au Moyen-Âge”, “Corans et livres de dévotion au prophète en Afrique musulmane”, “L’esclavage africain subsaharien dans le système atlantique”...

Mettre en lumière un islam éclairé

Pour Jack Lang, cette exposition est notamment l’occasion de corriger les préjudices souvent attribués à l’Afrique pré-coloniale: “Il y a plus qu’une ignorance, on dit souvent des bêtises”, regrette ce dernier. “Ce qui est réjouissant, c’est que cette exposition met l’accent sur la richesse du patrimoine africain sous l’influence de l’islam et met à rebours des idées fausses propagées naguère par les manuels scolaires. L’Afrique est un continent de culture et de création”, nous confie-t-il.

Au delà de sa portée pédagogique, cette exposition est aussi, selon ses organisateurs, l’occasion de mettre en avant l’image d’un islam de la tolérance et d’ouverture: “C’est important de donner une image d’un islam de tolérance, éclairé, et de partage”, explique Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées, au HuffPost Maroc.

“Notre histoire est extrêmement liée à cela. C’est important que l’on connaisse cet islam de tolérance qui est allé jusqu’au fin fond de l’Afrique”, continue-t-il.