MAROC
21/03/2016 14h:13 CET | Actualisé 21/03/2016 14h:30 CET

Transition énergétique: Le Maroc doit-il suivre le modèle européen?

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Transition énergétique: Le Maroc doit-il suivre le modèle européen?

ÉNERGIES – Et si le Maroc s’inspirait de ses voisins européens en matière de transition énergétique? L’Institut royal des études stratégiques (IRES) a récemment publié un rapport intitulé "La transition énergétique du Maroc, à l'aune de la géopolitique mondiale de l'énergie", coécrit par un trio d’experts en systèmes énergétiques, finance d’entreprise et stratégie.

Une analyse de 92 pages qui dresse en premier lieu un aperçu du contexte énergétique mondial et les défis auquel il est confronté. La deuxième partie du rapport s’ouvre sur une étude de cas de l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal, trois pays du Vieux continent qui traversent actuellement une transition énergétique. La réforme du secteur énergétique opérée par la Turquie, dont la première mouture remonte à 1984, est également passée au peigne fin.

La troisième et dernière partie du rapport, consacrée au Maroc, prône six enseignements en faveur de la transition énergétique amorcée par le royaume en 2009, à travers sa stratégie nationale.

Une dépendance énergétique estimée à plus de 95%

Avec une dépendance énergétique qui culmine à plus de 95%, la première leçon à retenir est celle de "la diversification des ressources énergétiques et des sources d’approvisionnement", lit-on dans l’étude. Parmi les options envisageables (et envisagées), le gaz naturel, auquel le pays ne recourt qu’à hauteur de 4%. Un faible volume qui pourrait toutefois bénéficier d’un coup d’impulsion grâce au lancement d’une filière de gaz naturel liquéfié (GNL) d’ici 2021, une initiative du ministère de l’Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement grâce à laquelle le Maroc pourrait "s’affranchir de la dépendance à 100% vis-à-vis du gaz algérien".

Deuxième enseignement fort à retenir selon le rapport, la libéralisation du secteur de l’électricité. Ce segment est actuellement dominé par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) qui y jouit d'"un "quasi-monopole [qui] pèse de plus en plus sur les finances publiques". L'analyse relève cependant "une timide libéralisation (…) L’ONEE a été autorisée d’octroyer des concessions pour la production de l’électricité, le modèle de la gestion déléguée par le privé de la distribution a été introduit et les industriels ont été autorisés à auto-produire leur électricité et avec la loi 13-09 sur les énergies renouvelables".

Le troisième point suggère la mise en place d’un organe de régulation neutre pour "définir les règles et modalités d’accès et de raccordement aux réseaux de transport et de distribution, ainsi que la définition d’une politique tarifaire transparente basée sur les couts réels d’exploitation". Une tâche déjà remplie par l’ONEE. "Or, compte tenu de la multitude de ‘casquettes’ que l’office porte dans le secteur de l’électricité, il se trouve dans une situation de juge et partie", déplore l’étude.

Quatrième recommandation, l’instauration d’un dispositif de soutien aux énergies renouvelables. "Dans les quatre pays analysés, (…) les lois et règlements régissant le recours à ces énergies prévoient toutes les conditions requises par la viabilité économique et financière des projets".

L’importance des échanges régionaux et la distinction à établir entre stratégie énergétique et intégration industrielle locale font figure de dernières recommandations. "Les quatre pays analysés ont développé les interconnexions et échanges avec les pays voisins et sont tous interconnectés par le plus grand réseau du monde d’échanges et de flux énergétique (électricité et gaz)". Des liaisons censées favoriser "l’harmonisation des règles et standards et l’intégration des marchés de l’énergie".

Le Maroc glane la 59e place dans l’Indice mondial 2016 de performance des politiques énergétiques, publié le 1er mars dernier par le World economic forum (WEF). Un classement qui évalue la croissance économique et le développement, la durabilité environnementale et l’accès à l’énergie et la sécurité sur 126 pays.

A l’échelle de la région MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient), le royaume arrache la première place, devançant ainsi la Tunisie (63e), l’Algérie (71e), la Lybie (82e), l’Egypte (83e) ou encore l’Irak (99e). Du côté du Golfe, les Emirats arabes unis se classent à la 104e position, suivis du Qatar (107e) et de l’Arabie saoudite (114e). Le podium est respectivement occupé par la Suisse, la Norvège et la Suède, tandis que le Yémen (124e), le Liban (125e) et Bahreïn (126e) ferment la marche.

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