TUNISIE
13/04/2018 14h:28 CET | Actualisé 13/04/2018 14h:29 CET

Trafic de médicaments, népostisme...Les maux de la pharmacie centrale révélés dans un reportage d'El Hiwar Ettounsi

Trafic de médicaments, népotisme dans le recrutement des salariés, des heures supplémentaires fictives...les transgressions de la loi sont diverses dans la pharmacie centrale.

Un rapport du ministère de la Santé, cité par un reportage de l’émission “Ma Lam Yokal” de la chaine Elhiwar Ettounssi, révèle des dépassements flagrants qui ont été constaté par une mission de contrôle de conformité et de régularité au niveau des services du ministère du tutelle en novembre 2017. (vidéo ci-dessous) 

 

Trafic de médicaments, népotisme dans le recrutement des salariés, des heures supplémentaires fictives...les transgressions de la loi sont diverses. 

Concernant les médicaments, le rapport cite des vols qui s’opèrent via la manipulation du système informatique ou encore au niveau du transport des médicaments dans les régions. Un produit a été mentionné dans ce cadre, en l’occurrence, la kétamine, qui s’intègre dans la catégorie des drogues.

“N’importe qui peut faire désormais l’inventaire de médicaments”, révèle une salariée de la pharmacie centrale qui a témoigné dans le reportage sous couvert d’anonymat. Ceci montre donc que les opérations de contrôle sont défaillantes au sein de cette institution. 

Le rapport pointe du doigt également l’existence de médicaments expirés. 

Il dévoile d’autres pratiques qui touchent le recrutement et le travail du personnel. Le népotisme y est présent, avec le recrutement de personnes qui n’ont pas réussi le concours mais qui ont été embauchées quand même.

L’inspection a révélé aussi l’ampleur des heures supplémentaires fictives. À titre d’exemple, un agent a bénéficié des revenus pour 599 heures supplémentaires fictives. Le registre retrouvé montre que ces heures ont été étalées sur cinq jours seulement, ce qui signifie qu’il aurait travaillé environ 120 heures par jour.

Ces révélations concordent avec la sonnette d’alarme tirée à propos de la corruption au sein de la pharmacie centrale. Chawki Tabib, président de l’Instance Nationale de Lutte Contre la Corruption (INLUCC), a affirmé récemment que la contrebande de médicaments serait également à l’origine de la crise par laquelle passe la pharmacie centrale, et qui a coûte à l’État près de 400 millions de dinars. 

Récemment des pénuries de médicaments et de vaccins ont été signalés par les professionnels, ouvrant le débat sur la gestion et la situation générale au niveau de la pharmacie centrale. 

Le 12 avril 2018, le ministre de la Santé publique, Imed Hammami a limogé le PDG de la pharmacie centrale Moez Mokadem, et à nommé à sa place Ayman Mekki, mais sans donner d’explications sur ce changement. 

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