MAROC
16/01/2019 18h:43 CET

Toxicomanie: 1.629 personnes traitées à la méthadone au Maroc

Anass Doukkali a présidé, ce mercredi, la commission nationale des stupéfiants.

Towfiqu Photography via Getty Images

BILAN - C’est sur la lutte contre les drogues et les toxicomanies au Maroc qu’a porté la réunion de la commission nationale des stupéfiants qui s’est tenue, ce mercredi, sous la présidence du ministre de la Santé, Anass Doukkali. L’occasion pour ce dernier de rappeler l’engagement du Maroc au niveau international, notamment par l’adaptation de sa stratégie et son arsenal juridique à l’évolution que connait la lutte contre les drogues, sous ses différentes facettes: addictologie, trafic transnational, blanchiment d’argent, criminalité et terrorisme internationaux.

Agir sur l’offre en la réduisant: Doukkali reconnait que le Maroc court un “risque accru d’être un pays de transit des drogues dures”, estimant que le rôle de la douane, sur ce point, est essentiel. Quant à la réduction de la demande, elle passe, dit-il, par l’amélioration de la santé publique et la mise en œuvre de stratégies de lutte contre les drogues et les toxicomanies. Pour cela, un Plan d’action 2025 vise à instaurer “un système sanitaire cohérent respectueux de la dimension droits de l’homme, prônant une offre organisée, de qualité et accessible à l’ensemble des citoyens”, décrit le ministre.

En somme, la nouvelle stratégie veut assurer la prise en charge des toxicomanes, mais aussi traiter le fléau par la prévention ciblant les plus vulnérables. Dans ce cadre, des unités de traitement d’addictologie sont  fonctionnelles dans plusieurs villes, assure Doukkali, précisant que le Maroc compte actuellement 15 centres ambulatoires et 3 résidentiels universitaires à Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, Marrakech, Oujda, Agadir, Fès et Meknès.

Dans ces centres, 27.620 personnes ont bénéficié d’une prise en charge, tandis que 1.629 autres profitent du programme de traitement à la méthadone, affirme Doukkali. Et d’insister sur le principe de précaution et d’anticipation du risque sanitaire lié surtout à l’usage des drogues injectables ayant amené le ministère à mettre en place des actions d’intervention auprès de ces personnes cible afin de leur éviter des infections par le virus VIH et/ou des hépatites.

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Premier pays à mettre en œuvre, en 2011, l’Observatoire national des drogues et des toxicomanies, le Maroc est, toutefois, appelé désormais à assurer une efficacité en matière de lutte contre le fléau. Le ministre estime nécessaire qu’il y ait “une meilleure visibilité et une action mieux coordonnée impliquant l’ensemble des intervenants dans le cadre de la stratégie nationale de lutte anti-drogue”. Adoptée en 2006, celle-ci devra affronter, dans les années à venir, “des défis importants” sur le plan législatif et pour la réduction de l’offre et de la demande. C’est d’une “responsabilité commune et partagée” à l’échelle internationale dont il est question, aux yeux de Doukkali.

Un message que le Maroc devra transmettre durant sa participation à la 62ème session de la Commission des Nations unies des Stupéfiants qui se tiendra les 14 et 15 mars 2019 à Vienne.