MAROC
20/06/2018 19h:01 CET | Actualisé 20/06/2018 21h:39 CET

Toutes les deux secondes, une personne est forcée de fuir son pays

Le HCR sort son rapport annuel à l'occasion de la journée mondiale des réfugiés.

Alkis Konstantinidis / Reuters

RAPPORT - “Ce sont des vies non des chiffres”, rappelle le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) dans une vidéo présentant les grandes lignes de son dernier rapport publié, comme chaque année, le 20 juin à l’occasion de la journée mondiale des réfugiés.

Selon le rapport, une personne est forcée de fuir son pays toutes les deux secondes, soit 44.400 hommes et femmes chassés de leur foyer par jour. En 2017, le monde a compté plus de 68,5 millions de réfugiés, dont 52% d’enfants, qui ont fui les persécutions, conflits et violences dans leur pays de provenance. 

85% des déplacés ont trouvé refuge dans des pays en voie de développement HCR

Les trois quarts des réfugiés dans le monde proviennent de cinq pays différents, indique le rapport. La majorité (68%) viennent de Syrie (6,3 millions), mais aussi d’Afghanistan (2,6 millions), du Soudan du Sud (2,4 millions), de Birmanie (1,2 million) et de Somalie (986.400).

D’après le rapport, 85% des déplacés ont trouvé refuge dans des pays en voie de développement, soit 6,5 millions de personnes. Pour la quatrième année consécutive, la Turquie est la première à accueillir les réfugiés avec 3,5 millions enregistrés en 2017. Le Pakistan et l’Ouganda viennent en deuxième position avec 1,4 million puis le Liban avec 998.900 réfugiés.

Dans son message annuel à l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à la solidarité des pays pour résoudre ce problème. 

“Aucune communauté ni aucun pays offrant refuge aux personnes qui fuient la guerre ou la persécution ne devraient se trouver seuls et sans soutien. Sans unité, nous échouerons”, a-t-il déclaré avant de rappeler la présentation du pacte mondial sur les réfugiés à l’Assemblée générale des Nations unies qui aura lieu en décembre prochain à New York.

Le nombre de réfugiés reste stable au Maroc

“Au niveau de la région MENA, le Maroc est clairement un exemple à suivre en ce qui concerne l’accueil, la protection et l’insertion des réfugiés”, assure Jean-Paul Cavaliéri, représentant du HCR au Maroc.

Pour lui, la prochaine étape pour le Maroc, qui a déjà adopté en 2014 la stratégie nationale d’immigration et d’asile, consiste à faire passer le projet de loi d’asile en 2018.

Plus de la moitié des réfugiés au Maroc ont fui la guerre en Syrie HCR

Au Maroc, le chiffre des réfugiés reste “stable” comme le souligne Jean-Paul Cavaliéri. En mars 2018, le HCR a enregistré plus de 6.900 personnes dont 4.826 réfugiés et 2.086 demandeurs d’asile. “Près de 80% des demandes d’asile sont rejetées chaque année”, souligne le représentant de l’institution onusienne.

Ces milliers de déplacés viennent de 50 pays différents. Plus de la moitié d’entre eux ont fui la guerre en Syrie (62%), mais nombreux sont originaires de Côte d’Ivoire, du Yémen, du Cameroun, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, de l’Irak et de la Palestine. 

Depuis son installation au Maroc en 2007, le HCR vient en aide aux réfugiés en apportant notamment un soutien financier à la scolarisation des enfants des réfugiés ou encore en prenant en charge les frais de leurs soins médicaux. En 2017, près de 5.500 réfugiés ont été pris en charge par le programme médical du HCR, 7.496 consultations ont été effectuées en médecine générale et 2.845 en médecine spécialisée.

Les réfugiés au Maroc peuvent également bénéficier d’un programme d’autosuffisance et d’insertion socio-professionnelle qui leur permet de monter leurs propres entreprises ou autres activités génératrices de revenus et de suivre une formation professionnelle. Plus de 620 micro-projets dans différentes villes du royaume ont ainsi été créés par les réfugiés depuis 2007, dont 81 en 2017.

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