TUNISIE
05/11/2018 08h:23 CET

Tout ce qu'il faut savoir sur les midterms 2018, expliqué par Le HuffPost américain

Cette première élection d’envergure depuis la prise de fonction du président aura l’impact d’un référendum sur la première moitié de son mandat.

Carlos Barria / Reuters

ETATS-UNIS - Le 6 novembre, les États-Unis voteront lors du premier scrutin d’envergure depuis l’élection de Donald Trump, les élections de mi-mandat ou “midterms”. Même si son nom ne figure pas sur les bulletins, les enjeux sont extrêmement importants.

Le président est très impopulaire, et son parti, celui des Républicains, risque de perdre le contrôle total qu’il exerce sur le Congrès. Quant aux Démocrates, ils sont divisés sur la meilleure façon de rallier l’opposition pour retrouver un minimum de pouvoir. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette élection.

Qui se présente aux midterms?

 

Dans l’immense majorité des cas, les candidats sont issus des deux principaux partis politiques américains: le parti républicain, conservateur (celui du président) et le parti démocrate, qui réunit tant bien que mal modérés et progressistes.

Beaucoup de sièges de gouverneurs et de fonctions étatiques et locales seront en jeu lors de l’élection de mardi. Mais le regard du public et des médias est avant tout tourné vers les scrutins qui détermineront le contrôle de l’une et l’autre chambre du Congrès. Les 435 sièges de la Chambre des représentants seront disputés, ainsi que 35 des 100 sièges du Sénat. En réalité, seul un petit nombre de ces scrutins ne sont pas joués d’avance. Mais il y en a suffisamment pour que les Républicains perdent leur majorité absolue.

 

Démocrates, républicains, qui va l’emporter?

 

Le parti républicain contrôle actuellement toutes les branches du gouvernement national. Donald Trump est à la Maison Blanche jusqu’en 2020 au moins, et les Républicains bénéficient de la majorité à la Chambre des Représentants et au Sénat. Ils occupent aussi les deux-tiers des sièges de gouverneurs, ce qui leur donne une grande influence sur les politiques locales.

Toutefois, Trump est l’un des présidents les plus impopulaires de l’histoire moderne, et l’un de ceux qui divisent le plus l’opinion. Son faible pourcentage d’opinions favorables, autour de 42%, donne aux Démocrates l’espoir que ceux qui l’ont soutenu en 2016 s’abstiendront, ou se démarqueront de la ligne officielle de leur parti, et que les électeurs démocrates voteront en plus grand nombre qu’à l’ordinaire. Ils ont des raisons d’être optimistes: ces électeurs ont déjà participé davantage lors des primaires, et été plus nombreux à déclarer qu’ils soutiendraient un Démocrate plutôt qu’un Républicain. Selon les modèles prédictifs, les Démocrates auraient actuellement six chances sur sept de remporter la majorité à la Chambre des représentants, et de bonnes chances de remporter quinze sièges de gouverneurs.

À l’inverse, les Républicains ont quatre chances sur cinq de garder le contrôle du Sénat. Et les circonscriptions de la Chambre des représentants sont découpés de telle sorte qu’ils ont un net avantage sur les Démocrates. Par conséquent, même si leurs chances de garder le contrôle de la Chambre sont minces, c’est toujours possible.

Quels sont les enjeux de ces midterms?

 

Cette première élection d’envergure depuis la prise de fonction du président aura l’impact d’un référendum sur la première moitié de son mandat. Ses mesures en matière d’immigration, de santé publique et d’impôts, ainsi que sa rhétorique incendiaire envers les femmes, les musulmans, les immigrés et les personnes de couleur ont suscité un tollé. Nous saurons mardi soir si ces réactions outrées vont se traduire dans les urnes. Il montrera également si les Démocrates sont capables de revenir en force.

Remporter la majorité à la Chambre des représentants permettrait à ces derniers d’exercer un certain contrôle sur le gouvernement, et d’ouvrir plusieurs enquêtes potentiellement incriminantes pour certains membres du cabinet et la famille du président. Des témoins dans l’affaire des soupçons de collusion entre Donald Trump et la Russie (qui aurait tenté d’influencer les résultats de l’élection présidentielle en faveur du candidat) pourraient être assignés à comparaître. Les Démocrates pourraient aussi enquêter sur les pratiques douteuses au sein de l’empire marketing et immobilier du président, géré par ses enfants.

Contrôler la Chambre des représentants donnerait également aux Démocrates la capacité de lancer une procédure de destitution du président. Le Ministère de la Justice mène déjà une enquête spéciale sur la possible ingérence de la Russie lors de la campagne de 2016. Si cette enquête apporte suffisamment de preuves à charge et que les Démocrates contrôlent la Chambre, ils essaieront très probablement de faire relever le président de ses fonctions.

Il y a de grandes chances pour que le Sénat reste aux mains des Républicains. Si c’est le cas, ils continueront d’approuver les candidats ultraréactionnaires de Donald Trump à la Cour Suprême et entraveront toute tentative de destitution. Il se peut aussi qu’ils gardent le contrôle des deux chambres du Congrès, auquel cas le président continuera à dominer le gouvernement en rencontrant très peu d’opposition. Pour le moment, les Démocrates disposent d’une minorité assez importante pour bloquer la plupart des mesures de Donald Trump sur le plan législatif, mais ils restent impuissants à limiter son vaste pouvoir exécutif.

Que se passe-t-il d’autre?

 

L’opposition au président a encouragé des candidats aux profils incroyablement variés à se présenter à l’élection, pour la plupart au nom du parti démocrate. Il semble que les candidats musulmans, noirs, ouvertement LGBTQ, ou d’origine asiatique, latino ou amérindienne soient plus nombreux que lors des élections précédentes. Un nombre record de femmes de toutes origines et de tous milieux se présentent, faisant de 2018 une véritable “année de la femme”.

Cependant, ce scrutin n’est pas qu’une bataille entre Démocrates et Républicains. C’est aussi un combat pour redynamiser un parti démocrate très affaibli.

Après leur défaite à l’élection présidentielle, à la Chambre des représentants et au Sénat en 2016, les Démocrates se sont divisés sur la question de savoir quels électeurs constituent l’essentiel du parti et sont susceptibles de le conduire à la victoire à l’avenir. Est-il préférable de tenter de séduire les électeurs modérés, mal à l’aise face à la rhétorique de Donald Trump et à certaines de ces décisions politiques? Ou faut-il plutôt attiser les passions des électeurs progressistes, déjà furieux contre le président? Essayer de regagner les faveurs des Blancs qui ont quitté le parti en 2016 pour voter pour Donald Trump, ou inciter les personnes de couleur – qui soutiennent les Démocrates mais dont le taux d’abstention est plus important – à voter?

Cette élection tourne aussi autour de la question de la représentation équitable. Etant donné que le système électoral américain a été conçu pour préserver la représentation des électeurs de la minorité, les électeurs républicains sont surreprésentés au Congrès et à la Maison Blanche (bien que le Donald Trump ait remporté la course à la présidentielle en 2016, il a perdu le vote populaire par près de trois millions de voix). À travers ce scrutin, beaucoup d’électeurs de gauche espèrent faire entendre leur voix au gouvernement, un droit dont ils estiment avoir été injustement privés.

Cet article, publié à l’origine sur le HuffPost américain, a été traduit par Iris Le Guinio pour Fast For Word.

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