TUNISIE
14/04/2018 13h:06 CET

Tout ce que vous devez savoir de l'attaque en Syrie

Pour l'ambassadeur de la Russie aux États-unis, il s'agit d'une "insulte au président russe", Vladimir Poutine.

La France, les Etats-unis et le Royaume-Uni ont mené samedi des frappes conjointes sur la Syrie, avec plus de 100 missiles tirés, dont une partie avait été interceptée par la défense syrienne.

 

Cette attaque vient en réponse à l’utilisation présumée de Bachar Al-Assad d’armes chimiques dans une attaque qui a fait plus de 40 morts et une centaine de blessés dans la ville de Douma, dans la Ghouta orientale.

L’initiative a été prise par le président américain Donald Trump qui avait accusé le président syrien d’avoir fait usage d’armes chimiques, avant d’annoncer le début de l’opération.

“J’ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de lancer des frappes de précision sur des cibles associées aux capacités du dictateur syrien Bachar al-Assad en matière d’armes chimiques”, a déclaré Trump.

Ainsi, les forces occidentales qui ont mené cette opération, et ceux qui la soutiennent, déclarent avoir pour unique but, de détruire l’arsenal chimique d’Al-Assad, afin de l’empêcher d’en faire usage à nouveau.

Cette frappe “ponctuelle” a, selon le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, permis de toucher les cibles et atteindre les objectifs fixés, ajoutant qu’il n’y aura pas d’autres attaques tant qu’aucune ligne rouge n’est franchie par le régime syrien.

Des centres de recherche scientifique, “plusieurs bases militaires” et des locaux de la garde républicaine à Damas et ses environs ont ainsi été pris pour cibles.

Entre soutiens et condamnations, les réactions mettent bien en exergue les différents camps, alliés et ennemis, dans cette bataille qui dure depuis 2011.

Des pays qui soutiennent ...

Du côté des pays occidentaux, l’Allemagne, qui a préféré ne pas prendre part aux frappes, a cependant exprimé son soutien à cette intervention militaire jugée “nécessaire et appropriée” par la chancelière Angela Merkel.

Israël, ennemi juré de la Syrie, a également justifié la nécessité de l’opération face à un régime qui continue ses “actions meurtrières”.

Le Canada soutient également les frappes menées par la France, les Etats-unis, et le Royaume-uni. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau a en effet soutenu la décision “d’affaiblir le régime syrien, et son président Bachar Al-Assad”.

La Turquie qui a longtemps soutenu les rebelles syriens, a de son côté qualifié l’opération de “soulagement de la conscience de l’humanité tout entière face à l’attaque de Douma”, la considérant comme une “réaction appropriée” à la frappe de Douma.

Des pays qui condamnent ...

La Syrie a de son côté crié à une violation “flagrante” du droit international et une “agression barbare et brutale”, assurant que l’attaque n’affaiblira pas le régime, ni ses alliés.

Avec son allié Russe, ils ont tous deux nié toute implication dans l’attaque chimique de Douma, pointant du doigt une fabrication des rebelles.

Le président russe Vladimir Poutine a également fortement condamné l’attaque, dénonçant l’illégalité de celle-ci par rapport à la charte de l’ONU et du droit international, et la qualifiant d’ “agression contre un État souverain et bouclier contre le terrorisme”.

Plusieurs hauts responsables russes ont aussi condamné les frappes. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a estimé que la Syrie a été frappée alors qu’elle avait “une chance d’avoir un avenir pacifique”.

L’ambassadeur de la Russie aux Etats-unis a pour sa part déclaré que les frappes reviennent à “insulter le président russe” Vladimir Poutine, tandis que le vice-président du Comité de Défense de la Douma russe a dénoncé une “crime de guerre”.

Déclaration de l’ambassadeur de Russie aux États-Unis Anatoly Antonov sur les frappes en Syrie

Les pires appréhensions sont devenues réalité. Nos avertissements ont été laissés sans réponse.
Un scénario prédéfini est en cours de mise en œuvre. Encore une fois, nous sommes menacés.
Nous avons averti que de telles actions ne seront pas laissées sans conséquences.

Washington, Londres et Paris seront les seuls responsables de ces conséquences.
Insulter le président de la Russie est inacceptable et inadmissible.
Les États-Unis - le détenteur du plus grand arsenal d’armes chimiques - n’ont aucun droit moral de blâmer les autres pays.

 

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a lui aussi crié au crime, qualifiant de “criminels” Donald Trump, Emmanuel Macron et Theresa May.

“Ils n’en tireront aucun bénéfice” a-t-il déclaré.

L’ONU dénonce une violation du droit international

L’ONU a de son côté relevé l’illégalité de cette frappe qui n’a pas été autorisée par le Conseil de sécurité, violant ainsi la charte de l’ONU et le droit international.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a par ailleurs appelé tous les Etats membres à faire preuve de retenue et à s’abstenir de tout acte qui pourrait conduire à une escalade.

Au conseil de sécurité des Nations Unies, les Etats-unis ont entièrement attribué la responsabilité à la Russie.

“Si la Russie avait tenu ses engagements, il n’y aurait pas d’armes chimiques en Syrie et nous ne serions pas ici aujourd’hui” a déclaré la représentante des Etats-unis à l’ONU, rappelant l’utilisation systématique du Veto par la Russie, soutien indéfectible de la Syrie, sur des projets de résolutions du conseil de sécurité.

 

Selon le dernier bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), 106 390 civils ont été tués dont près de 20 000 enfants. Ces chiffres ont pu être collectés à travers un vaste réseau d’informateurs situés un peu partout sur le territoire syrien.

A cause de la guerre en Syrie, près de la moitié de la population a dû déserter les villes, en proie à des combats sanglants quotidiens.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.