MAROC
16/04/2018 18h:00 CET

Belgique: Tous les voyageurs désormais contrôlés pour contrer le terrorisme et le crime organisé

Par voie aérienne, terrestre, maritime ou ferroviaire, avec plusieurs projets pilotes en cours.

THIERRY ROGE via Getty Images

INTERNATIONAL - La surveillance des données des passagers est dorénavant opérationnelle en Belgique, d’après une annonce officielle de Jan Jambon, ministre de l’Intérieur belge.

“La PIU (Passenger Information Unit) recevra les listes des passagers aériens internationaux, mais aussi celles de ceux voyageant en train, en bus et en bateau, et les analysera en utilisant les bases de données des quatre organismes de sécurité impliqués”, à savoir la police fédérale, la Sûreté de l’Etat, le Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS) et les services douaniers.

Au lendemain des attentats de Paris en 2015, la Belgique avait érigé en priorité l’aboutissement d’un système PNR (Passenger Name Record), et ce malgré les divergences exprimées alors au niveau européen.

Le gouvernement fédéral belge voulait aller encore plus loin dans ce projet en veillant également à la transmission des données des voyageurs par voie terrestre, maritime ou ferroviaire. D’où la mise en place de la cellule PIU au sein du centre de crise relevant du ministère belge de l’Intérieur, une structure qui regroupe une trentaine de collaborateurs détachés par les quatre services concernés.

Des concertations sont en cours pour les autres secteurs, alors qu’un projet pilote est déjà annoncé pour l’Eurostar, qui relie la Belgique à la Grande-Bretagne. Un autre devrait être lancé avec la société d’autocar Flixbus selon le média RTBF.  

Lutter contre le crime organisé et le terrorisme

Les autorités belges tablent sur cette nouvelle unité pour conforter les efforts de lutte contre le crime organisé et le terrorisme. Grâce aux données collectées, les services de sécurité pourront plus facilement analyser les déplacements des groupes terroristes et des bandes criminelles et ainsi réaliser une cartographie.

En somme, les données des passagers arrivent dans la banque de données de BelIPU 48 heures avant le départ ainsi qu’au moment du départ et sont analysées soit sur base d’une liste de personnes déjà connues, soit en fonction d’un profilage.

Bien qu’elles ne mènent pas nécessairement à une arrestation, les informations collectées devraient permettre, selon le ministère, de mieux cerner les contours d’un réseau criminel. Elles sont dépersonnalisées après 6 mois et ne peuvent être re-personnalisées que moyennant une autorisation judiciaire. Elles seront alors effacées au bout de 5 ans sur autorisation judiciaire.

Le ministre de l’Intérieur a toutefois assuré que toutes les précautions étaient prises pour garantir la protection de la vie privée des citoyens, notamment dans l’accès très limité offert au BelIPU et l’interdiction de consulter cette base de données sans justification.

Si à ce jour, la transmission de données a commencé pour 28% des passagers aériens en Belgique, en 2019 l’ensemble des compagnies aériennes devraient être connectées à la banque de données.