MAGHREB
19/03/2015 16h:01 CET | Actualisé 19/03/2015 18h:29 CET

Tunisie - Attentat du Bardo: Quand les médias et les internautes focalisent sur le tourisme

Nataliya Hora

TOURISME - Le tourisme tunisien semble être une préoccupation majeure pour plusieurs médias et internautes sur les réseaux sociaux, après les attentats du musée du Bardo.

Le chef du gouvernement Habib Essid avait déploré mercredi dans son allocution une "opération qui vise le tourisme tunisien et le secteur économique".

Jeudi, le croisiériste italien MSC et le groupe italien Costa Croisières ont annoncé l'annulation de toutes les escales de leurs navires prévues à Tunis, après cette attaque où deux terroristes ont tiré sur des touristes au musée du Bardo.

Dans leur traitement des attentats, plusieurs médias internationaux ont focalisé sur l'importance de ce secteur qui génère 7% du PIB du pays.

Le quotidien Le Monde titre sur le fait que le musée du Bardo est un "haut lieu du tourisme à Tunis".

"Le tourisme, secteur-clé de l'économie tunisienne, a été très affecté par les crises politiques et l'essor de la mouvance jihadiste depuis la révolution qui a renversé le président Ben Ali, en janvier 2011", peut-on lire.

Un article publié sur le site de L'Express, explique que "si les touristes se détournent de la Tunisie, ça va être très difficile sur le plan social alors que le tourisme a baissé de 30 à 50% par rapport à la période d'avant 2011".

Dans un article de l'agence AFP, il s'agit d'un "coup très dur pour le tourisme tunisien qui fait vivre 10% de la population du pays et était déjà en crise profonde depuis la révolution de 2011".

Dans un autre article de l'agence de presse française, le président du syndicat des tour-opérateurs français témoigne:

"Il n'y a pas eu de vague d'annulations, pour l'instant, des réservations et séjours en Tunisie auprès des voyagistes français à la suite de l'attentat de Tunis".

Le quotidien français Libération a provoqué une vague d'indignation de tunisiens sur les réseaux sociaux. Le journal avait en effet titré à propos des évènements terroristes: "C'est fini la Tunisie, C'est fini le tourisme". Le titre a été modifié depuis, sous la pression d'internautes scandalisés.

Le Figaro de son côté titre "La terreur frappe la Tunisie et sa manne touristique", faisant, lui aussi, référence à l'importance du tourisme pour les tunisiens.

Mais certains internautes ont critiqué cette vision de la tragédie du Bardo, focalisée d'une façon exagérée sur les chiffres et l'économie, alors que l'attentat a fait au moins 20 morts.

Les assaillants, l'un originaire d'un quartier populaire de Tunis et l'autre de la région de Kasserine (centre ouest de la Tunisie), ont été, eux aussi, tués par les forces de l'ordre.

Cette attaque revendiquée par l'Etat islamique n'est pas la première, jihadiste, contre des touristes en Tunisie. L’attentat-suicide survenu le 11 avril 2002 devant la synagogue de la Ghriba à Djerba, avait fait 19 morts dont 14 touristes allemands.

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