ALGÉRIE
13/12/2015 04h:35 CET | Actualisé 13/12/2015 08h:12 CET

Toufik, Hanoune, Hamrouche, un Café Presse Politique en trois séquences (VIDÉO)

Le Café Presse Politique, le talk-show politique de Radio M s'est décliné, jeudi 10 décembre, sur trois séquences traitant de trois paroles à tonalités différentes. La première parole, épistolaire, de l'homme dont le mythe s'est "construit sur son silence" est celle du général Toufik.

La seconde parole qui "exaspère" un des participants du CPP, est celle de Louisa Hanoune qui flirte avec l'article 88 sans se résoudre à sauter le pas: elle reste dans la logique du bon "prince", Bouteflika et de ses mauvais vizirs.

La troisième parole, celle de Mouloud Hamrouche, très déconnectée de la guerre en cours entre les ailes du régime, a été auscultée. Pour les uns, elle est un énième avertissement sur la gravité de la crise, le besoin de recréer le "consensus" pour un réveil de la "volonté nationale". Mais, c'est une parole qui reste, encore critiquée, par le fait qu'elle n'apporte pas une réponse, une "solution".

Erreur de com ?

Inévitablement, la lettre du général Toufik a ouvert le menu. Abed Charef estime que Toufik qui a bâti son mythe sur le silence l'a détruit en "défendant un homme de son clan". El Kadi Ihsane rappelle qu'il a toujours considéré que Toufik était "l'homme d'une situation" mais qu'il n'était pas un "leader" au sein de l'ANP.

A la question de Souhila Benali: "a-t-il fait une erreur de communication", Hacene Ouali et El Kadi répondent par la négative. Le général a "cassé la règle du silence" et de ce point de vue, il a surpris ses adversaire.

Quel impact a sa lettre ? Saïd Djaafer rappelle que l'Algérie reste sur un "modèle soviétique, hors des appareils, on n'existe pas". Pour lui, l'opinion publique n'ayant jamais compté dans la "culture" des hommes du régime, son message s'adresse nécessairement au sérail et aux acteurs du système.

Mais, les signaux d'une grande crise s'accumulent. Le parallèle a été fait avec l'année 97 où le général-président Liamine Zeroual, sur fond de "massacres" a annoncé sa démission et la convocation d'une élection présidentielle.

Sauf qu'à l'époque, il y avait encore des acteurs à l'intérieur du régime capables de proposer une "solution par le haut", ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, note Ihsane El Kadi.

Abed Charef estime qu'un autre "dispositif se met en place et se met "à murmurer aux journalistes" et se demande qui "pilote" cette opération complexe.

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Louisa, encore un effort pour être…

Seconde séquence, Louisa Hanoune avec ses envolées, ses critiques à l'égard de Bouteflika qui vont loin sans trop rompre, une ambiguïté "exaspérante".

D'autres sur le mode, "Louisa, encore un effort pour être révolutionnaire", estiment que la chef du Parti des Travailleurs est en quête d'un nouveau positionnement. Elle doit "faire des mises à jour" sur beaucoup de choses même sur certains aspects, comme les privatisations, elle n'a pas tort, souligne Abed Charef.

Elle a joué, avec moins de pertinence et de force, le rôle qu'a joué le PAGS (Parti de l'avant-garde socialiste) sous Boumediene et Chadli Bendjedid, note Ihsane El Kadi.

Mais "elle est comme Dilem , un alibi pour dire que la presse est libre". Charef enfonce le clou : "le PAGS a produit des idées, Hanoune a soutenu Saïd Bouteflika".

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Hamrouche et une Algérie en sidération

Troisième séquence, Hamrouche à Batna convoquant les pères fondateurs et en appelant à un nouveau consensus. Très loin des batailles de sérail, mais un message qui "souligne que les choses sont beaucoup plus graves qu'on ne l'imagine" souligne Hassen Ouali. Hamrouche peut-il être la "locomotive", interroge Souhila Benali.

En tout cas, il tente de répondre à une "demande de sens" dans une société frappée de "sidération", estime Saïd Djaafer.

"L'Algérie a la chance d'avoir Hamrouche, son discours dépasse la contingence du moment" pour aller aux fondamentaux. Est-il écouté ? Cela n'est pas un vrai problème, note Saïd Djaafer, il fait ce qu'il pense être juste, il ne donne pas une recette, il donne des clés.

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