ALGÉRIE
16/04/2018 10h:47 CET

Tombouctou: les assaillants voulaient "prendre le contrôle" du camp de l'ONU et de Barkhane

Sept militaires français ont été blessés et quinze assaillants ont été tués durant l'attaque.

Joe Penney / Reuters
Des soldats français devant la Mosquée Sankore à Tombouctou le 5 novembre 2014.

“Une quinzaine” d’assaillants ont été tués lors de l’attaque qui visait à “prendre le contrôle” du “Super Camp” de l’ONU et de la force française Barkhane samedi à Tombouctou, dans le nord du Mali, ont annoncé dimanche les autorités françaises.

“Un soldat de la paix de l’ONU a été tué au champ d’honneur alors qu’il défendait l’entrée du camp et sept autres ont été blessés”, a indiqué dimanche soir la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), en précisant que “deux civils” avaient également été blessés.

Sept militaires français, eux aussi blessés, ont été pris en charge par les structures médicales françaises à Gao, à quelque 320 km à l’est de Tombouctou, avait indiqué dans la matinée l’état-major français.

Au moins 15 assaillants ont été “mis hors de combat”, a encore précisé l’état-major français dans un communiqué.

L’assaut contre le camp, qui abrite le QG de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) et des hommes de Barkhane, à proximité de l’aéroport de la ville, a duré environ quatre heures.

Les assaillants étaient “déguisés pour certains en Casques bleus” et utilisaient des “véhicules maquillés aux codes de l’ONU ou des forces armées maliennes”, toujours selon le communiqué de l’état-major français.

“Cette attaque visait à prendre le contrôle de ce camp et à occasionner le plus grand nombre de dégâts. Elle a compris notamment des tirs indirects, vraisemblablement de mortiers, et l’explosion de trois véhicules piégés dans le but de créer une brèche dans l’enceinte”.

Le chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, a félicité les Casques bleus qui ont “vaillamment repoussé, en étroite coordination avec les forces internationales”, cette “attaque complexe de grande envergure”.

En réaction, quatre avions Mirage 2000 ont été envoyés samedi depuis la base française de Niamey, au Niger, ainsi que deux hélicoptères Tigre et trois Caïman avec des commandos à leur bord, “pour contribuer à la reprise complète du contrôle” du camp et “sécuriser la piste de l’aéroport”, a précisé le colonel Steiger.

Le “Super Camp” de Tombouctou, à 910 km de Bamako, avait été la cible le 3 mai 2017 d’une attaque “aux mortiers ou roquettes” au cours de laquelle un Casque bleu libérien avait été tué et neuf autres personnes blessées.

Le 15 août 2017, des hommes armés avaient à nouveau pris d’assaut le camp de l’ONU, qui abrite des contingents d’une dizaine de pays. Cinq gardes maliens de la mission de l’ONU, un membre de la gendarmerie malienne et un agent civil contractuel de la Minusma avaient été tués, tandis que “six assaillants” avaient été “abattus lors de la riposte”, selon l’ONU.

Déployée au Mali en juillet 2013, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, est actuellement la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coûteuse en vies humaines.

Elle avait, avant l’attaque de samedi, perdu plus de 160 Casques bleus, dont 102 dans des actes hostiles.