ALGÉRIE
10/05/2018 09h:29 CET

Tirs de roquettes sur le Golan occupé: la tension à son comble entre l’Iran et Israël

Les tensions entre Israël et l’Iran autour du théâtre syrien ont connu un brusque accès jeudi matin avec, pour la première fois, des tirs de roquettes directement attribués à l’Iran.

JALAA MAREY via Getty Images

Les tensions entre Israël et l’Iran autour du théâtre syrien ont connu un brusque accès jeudi matin avec, pour la première fois, des tirs de roquettes directement attribués à l’Iran vers des positions israéliennes dans le Golan occupé.

Après des semaines de crispations grandissantes, les premières lignes militaires sur la partie du Golan occupé par Israël ont essuyé un barrage d’une vingtaine de projectiles et roquettes déclenché selon l’armée israélienne par les forces iraniennes de l’autre côté de la ligne de démarcation en Syrie.

Les tirs n’ont pas fait de victimes et ont causé des dégâts limités selon l’armée israélienne. Celle-ci a de son côté déclenché “une action contre des objectifs iraniens en Syrie”, a dit un de ses porte-parole, Avichae Adrae, sur Twitter.

Un correspondant de l’AFP a rapporté de fortes détonations à Damas. La télévision a retransmis en direct des images de la capitale syrienne montrant des projectiles lumineux dans le ciel et plusieurs missiles détruits selon elle par les systèmes anti-aériens syriens.

Des échanges nourris de projectiles, qui auraient commencé dès mercredi soir, ont été rapportés de part et d’autre de la ligne de démarcation.

Certains missiles israéliens ont touché des bases militaires ainsi qu’un dépôt d’armes et un radar militaire, a rapporté l’agence officielle syrienne Sana sans préciser leurs emplacements. Les batteries anti-aériennes syriennes ont abattu des dizaines de missiles israéliens, a-t-elle affirmé.

Rien ne permettait de dire si ces évènements constituaient simplement un accès de fièvre plus fort que les autres, ou s’ils marquaient le début d’une escalade redoutée depuis des semaines, dans un contexte d’animosité à la suite de plusieurs opérations attribuées à l’armée israélienne contre des intérêts iraniens en Syrie.

Ces tensions ont encore été avivées par les incertitudes autour de l’accord nucléaire conclu en 2015 et dénoncé mardi soir par le président américain Donald Trump.

C’est la première fois depuis le début de la guerre en 2011 qu’Israël impute des frappes à l’Iran.

Israël a annexé en 1981 la partie du Golan (1.200 kilomètres carrés) qu’il occupait depuis 1967 et la guerre des Six Jours. Cette annexion n’est pas reconnue par la communauté internationale, qui considère toujours le territoire comme syrien. Environ 510 kilomètres carrés restent sous contrôle syrien.