MAROC
28/06/2019 11h:20 CET

Tinariwen à Essaouira: "Le public marocain nous surprend toujours"

Le groupe touareg a participé à la 22ème édition du festival Gnaoua et musiques du monde.

Hanane El Arjoun

CULTURE - En mixant blues, rock et musique touareg, Tinariwen n’en finit pas de surprendre. Le groupe touareg est venu à Essaouira pour participer, pour la première fois, au festival Gnaoua et musiques du monde. Le HuffPost Maroc est parti à la rencontre de ceux qui, en chantant en tamasheq, ont su faire passer leurs messages politiques partout dans le monde.

A Essaouira, le 21 juin, le public s’impatientait de les voir. À 22h40, des milliers de spectateurs étaient déjà devant la scène. Des jeunes, des personnes âgées, des enfants, des étrangers attendaient leur apparition. Avec leur succès international, le concert de Tinariwen était un peu l’évènement de l’année pour leurs fans marocains. Certains ont même campé sur place afin d’être au premier rang. La place Moulay El Hassan était pleine à craquer. 

C’est face à un public très agité que les Tinariwen ont démarré leur concert. Les festivaliers avaient une énergie inhabituelle. Devant des guitares électriques au son ravageur, quelques uns admiraient le show alors que d’autres, téléphones dans la main, immortalisaient le moment. 

Les Maliens ont enchaîné leurs fameuses chansons “Tiwayyen” ou encore “Sastanaqqam”. Pas besoin de parler ou de comprendre le tamasheq pour connaître les paroles sur le bout de la langue, le public fournissait un effort remarquable pour s’approprier la langue des artistes. Leurs chansons dégageaient une émotion palpable sur scène et dans le public.

Le groupe a ensuite fusionné avec le mâalem Baqbou dans une chanson aux rythmes inattendus mixant gnaoua, blues et rock. Interrogé par le HuffPost Maroc sur ce concert, Eyadou Ag Leche, bassiste du groupe, a déclaré que le public marocain est très spécial. “Le public marocain nous surprend toujours par sa présence dans nos concerts, ce public est spécial.” Le musicien a ajouté avoir adoré la ville d’Essaouira. “C’est ma première fois ici. Le mix entre la plage, le vent et la musique gnaoua est magnifique”.

De son côté, Alhousseini Ag Abdoulahi, un des membres du groupe, a affirmé qu’il sera toujours marqué par le public marocain. “Ils étaient nombreux. C’est vrai qu’ils étaient présents pour d’autres artistes aussi, mais s’ils étaient là, c’est qu’ils l’étaient pour nous aussi. Franchement, ça ne m’étonne pas. Au Maroc, on est habitués à voir autant de gens venir pour nous voir. On est toujours bien accueillis ici, pas parce qu’on est Tinariwen, mais parce que le peuple marocain est accueillant.”

“Tinariwen”, pluriel de “Ténéré” en tamasheq, signifiant ”les déserts”, est un groupe originaire de Tessalit, au nord du Mali. Il a été fondé en 1982 par Ibrahim Ag Alhabibil dans l’exil et la souffrance. Leur musique, “Assouf” (la solitude) mélange des rythmes de blues au rock, sans oublier la musique traditionnelle touareg.

Aujourd’hui, le groupe est considéré comme une grande famille d’artistes touaregs, un mouvement culturel et un courant musical. Les Tinariwen ne sont pas une formation figée. Les artistes participent à leur guise, comme Mohamed ag Itlal dit le “Japonais”, qui contribue au groupe avec ses compositions, mais ne prend pas part aux tournées mondiales.

Pour ceux qui ont manqué le rendez-vous à Essaouira, les Tinariwen seront de passage le 5 juillet prochain à Agadir, dans le cadre du Festival Timitar.