MAROC
24/04/2018 11h:46 CET | Actualisé 24/04/2018 12h:02 CET

The Wanton Bishops, le groupe déjanté qui exporte le rock libanais dans le monde (VIDÉO)

Les Wanton Bishops se sont produits pour la troisième fois au Maroc lors de la 13e édition du festival Jazzablanca.

Jazzablanca 2018 Sife Elamine

MUSIQUE - Leur nom donne déjà le ton. “The Wanton Bishops”, qui peut se traduire par ”Les évêques dévergondés”, est un groupe de rock libanais qui se veut excentrique et un brin provocateur. Fondé en 2011 par Nader Mansour et Eddy Ghossein, le groupe a donné deux concerts à Casablanca lors du festival Jazzablanca. Les spectateurs ont eu l’occasion de les voir se déchaîner sur scène les 19 et 20 avril au Village du festival mais aussi à la Place des Nations Unies dans la ville blanche.

Les ”évêques” ont fait danser la foule sur les rythmes endiablés de “Hitman”, “Oh Wee”, “Bad Liver and a Broken Heart” ou encore “Time To Go”. Si le public ne les connaissait pas forcément, les Wanton Bishops ont su gagner le coeur des spectateurs en interagissant avec eux, souvent avec beaucoup d’humour, tout au long du concert.

C’est la troisième fois que les Wanton Bishops se produisaient au Maroc. Le groupe avait rencontré son public marocain au festival Tanjazz en septembre 2015, puis au Visa for Music à Rabat en novembre 2017. Le groupe, qui enchaîne les tournées, se produit également à l’étranger, notamment aux États-Unis, en Angleterre ou encore en Autriche.

“Nous jouons beaucoup plus à l’étranger que chez nous. Le public est assez restreint au Liban, nous nous y produisons donc seulement une seule fois par an”, admet Nader Mansour au HuffPost Maroc.

Retour aux sources

Dans leur premier EP “Bad Rhyme”, sorti en 2012, les Wanton Bishops ont voulu s’éloigner complètement de la musique orientale. Tous les titres de l’album sont écrits en anglais et se rapprochent du rock américain et du blues. La country s’incruste également dans les chansons du groupe, où l’harmonica, joué par Nader, fait souvent swinguer les hanches, non seulement dans leur EP mais aussi dans leur second album “Sleep with the Lights On”, sorti dans la foulée.

Au fil des albums, le groupe se laisse aller à des sonorités beaucoup plus orientales. Beyrouth, leur ville natale, prend alors place dans l’écriture de leurs chansons où Led Zeppelin, Robert Plant et Oum Kalthoum se donnent rendez-vous. Nader chante d’ailleurs en arabe dans le dernier album “Nowhere Everywhere” (2016), comme dans le titre “Waslaha”. On retrouve même des percussions de la derbouka libanaise dans leur chanson “Hitman” au clip déjanté.

Aujourd’hui, Nader explique vouloir s’inspirer davantage du pays du Levant et a même appris le oud pour donner plus de couleurs à ses compositions. Le chanteur a d’ailleurs surpris les festivaliers lors des deux concerts, en reprenant des chansons traditionnelles libanaises, des Mawals ou Tarab, qui ont mis en évidence sa puissance et justesse vocales.

Pour leur prochain album, en dernière phase d’enregistrement, le groupe de rock a voulu inclure plus d’influences arabes, non seulement dans les paroles mais aussi dans les rythmes et mélodies. L’album devrait sortir fin 2018.