MAROC
25/10/2018 16h:18 CET

Test de virginité: "Il n’existe aucun cadre juridique au Maroc” qui impose à la femme de subir cet examen

Le Maroc a imposé dans le code de la famille en 2004, à l'homme comme à la femme, un certificat médical, rappelle le ministre.

Mustapha El Khalfi/Facebook

SANTÉ - La semaine dernière, trois organisations des Nations Unies ont appelé à l’interdiction des tests de virginité. Au Maroc, ce test médical ne relève d’aucune obligation. C’est le porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, Mustapha El Khali, qui le souligne, ce jeudi, au point de presse hebdomadaire tenu à l’issue du conseil du gouvernement. 

“Le Maroc a imposé dans le code de la famille, en 2004, un certificat médical en tant que pièce nécessaire au contrat de mariage”, précise-t-il, en réponse aux questions des médias. Et de préciser que suite à une décision conjointe prise par deux ministres, celui de la Justice et de la Santé, cette attestation médicale doit déceler d’éventuels signes de maladies contagieuses. “Il n’y a pas de discrimination sur cette règle: l’homme et la femme sont tenus de s’y soumettre”, tient-il à souligner. 

El Khalfi insiste, par la même occasion, sur le fait qu’“il n’existe aucun cadre juridique au Maroc” qui impose à la femme de subir ce test, affirmant que le Maroc a pleine conscience qu’il est question, ici, de respecter les droits de l’Homme. 

Dans un communiqué de presse publié le 17 octobre par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), celle-ci a joint sa voix à celle du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et à l’ONU-Femmes pour appeler à mettre un terme au tests de virginité de par le monde. Une “pratique médicalement inutile et souvent douloureuse, humiliante et traumatisante”, estime l’OMS. Et d’intégrer cet appel à celui de  l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, partout dans le monde

Conscientes qu’il s’agit surtout d’“une tradition ancienne répertoriée dans au moins 20 pays dans toutes les régions du monde”, ces trois organisations précisent que les tests de virginité sont souvent imposés “de force pour différentes raisons”. En particulier, les parents ou le futur conjoint peuvent en faire la demande pour déterminer si une femme ou une fille est mariable”. Dans d’autres cas, ce sont aussi les employeurs qui l’imposent aux femmes “pour vérifier l’employabilité”, constatent ces organisations. 

Le test de virginité devient ainsi un gage d’honneur et de valeur sociale dont la réalisation est confiée à des médecins mais aussi à des agents de police ou à des chefs de communauté, indique le communiqué. Et de préciser que le test  consiste “le plus souvent à inspecter l’hymen afin de voir s’il est déchiré ou d’évaluer son degré d’ouverture, et (ou) à introduire des doigts dans le vagin (le test des “deux doigts”)”. Ces deux techniques, ajoute la même source, “sont pratiquées en vertu de la croyance selon laquelle l’apparence des organes génitaux féminins peut indiquer si une fille ou une femme a déjà eu des rapports sexuels”. Mais “rien ne tend à démontrer que l’une ou l’autre de ces méthodes permet de prouver qu’une fille ou une femme a eu ou non des rapports vaginaux”, tranche l’OMS.