MAROC
13/01/2015 14h:20 CET | Actualisé 13/01/2015 14h:27 CET

Terrorisme au Nigeria: Boko Haram, au bout de l'horreur

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TERREUR - A Rabat, un sit-in de deuil et de solidarité avec les Nigérians était organisé lundi 12 janvier au soir, devant l’ambassade du Nigeria. Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées, vêtues de noir et portant des bougies. Un autre rassemblement contre le terrorisme devrait avoir lieu le 1er février dans la capitale.

Plus de 2.000 morts

L’indignation mondiale suscitée par la série d’attentats commis en France ces derniers jours et la couverture médiatique qui s'en est suivie a relégué au second plan un autre massacre, perpétré au Nigeria.

Celui de plusieurs centaines voire de milliers de Nigérians, tués par le groupe Boko Haram, qui sème la terreur dans le pays depuis plus de cinq ans. Alors que la capitale française plonge dans l’effroi suite à la fusillade contre Charlie Hebdo, une vaste offensive terroriste frappe le nord-est du Nigéria depuis le 3 janvier, notamment dans la ville de Baga.

Certaines agences de presse évoquent plus de 2.000 morts. Amnesty International affirme pour sa part qu’il s’agit probablement du plus gros massacre perpétré par le groupe insurrectionnel islamiste.

"Je n’ai pas arrêté de marcher sur des cadavres"

Seize villages sont passés au crible des balles et de la violence de Boko Haram, près des rives du lac Tchad. "Sur cinq kilomètres, je n’ai pas arrêté de marcher sur des cadavres", témoigne un survivant de l’attaque à l’AFP. Quelques jours plus tard, une fillette de dix ans se fait exploser sur un marché de Maiduguri, provoquant la mort d’une vingtaine de personnes.

Le groupe terroriste, qui avait suscité la frayeur générale après avoir enlevé plus de 200 lycéennes en mai 2014, utilise des femmes et fillettes comme bombes humaines. Une autre manière sordide d’asseoir son pouvoir dans cette région du Nigeria, déjà en partie contrôlée par les insurgés.

Mais Boko Haram ne s’arrête pas aux frontières. Lundi 12 janvier, le groupe a tenté une incursion au Cameroun, repoussée par l’armée camerounaise qui affirme avoir tué 143 terroristes. Le Nigeria, dont l’armée peine à faire face à la menace, a appelé à une coopération internationale.

Deux poids, deux mesures

La riposte face à ces crimes se fait néanmoins attendre. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes commencent à s’indigner du manque de réaction de la communauté mondiale devant la barbarie de Boko Haram, dénonçant également le "deux poids, deux mesures" après le soulèvement général provoqué par l’attaque de Charlie Hebdo en France.

Une marche pour le Nigeria?

Un archevêque nigérian, dont les propos ont été repris par plusieurs médias étrangers, a exprimé son souhait qu’une "grande manifestation d’unité nationale, qui dépasse les divisions politiques, ethniques et religieuses" ait lieu au Nigeria, semblable à celle organisée en France dimanche, et à laquelle ont pris part une cinquantaine de chefs d’Etat, dont plusieurs dirigeants africains.

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