TUNISIE
24/03/2018 15h:32 CET | Actualisé 24/03/2018 19h:34 CET

Tensions à l'ARP en marge du vote sur la prolongation du mandat de l'IVD: Ben Sedrine quitte la plénière

La plénière réservée au vote sur la prolongation du mandat de l’Instance Vérité et dignité a été marquée samedi par de vives tensions.

Facebook/Al Bawsala

La plénière réservée au vote sur la prolongation du mandat de l’Instance Vérité et dignité a été marquée samedi par de vives tensions comme le rapporte Al Bawsala.

Plusieurs députés en sont venus aux mains dont notamment ceux du bloc démocratique Mabrouk Hrizi et Imed Daïmi d’un côté et les députés de Nidaa tounes de l’autre.

Tout a commencé lorsque Mabrouk Hrizi a demandé au président de l’ARP de lever la séance en l’absence quorum: “Il y a des députés présents et qui n’ont pas signalé leur présence parce qu’ils estiment que cette séance est une atteinte au pouvoir du peuple. Il s’agit d’une violation de la loi de votre part parce que vous avez outrepassé la décision du peuple et la loi. Vous devrez être poursuivis par la justice. Vous n’êtes pas digne de diriger cette assemblée” a-t-il affirmé ajoutant qu’il s’agit “d’un coup d’État”.

De son côté la députée d’Ennahdha Yamina Zoghlami a appelé le président de l’ARP à lever la séance et à respecter la loi: “La décision ne doit pas être prise individuellement, comme dans une dictature, appliquez la loi et lever la séance” a-t-elle demandé.

“Cette séance est illégale” a-t-elle martelé.

Face aux tensions et à l’ambiance délétère au sein de l’ARP, la présidente de l’Instance Vérité et Dignité a décidé de quitter la séance.

“Nous n’avons aucun problème. Le président de l’ARP nous a donné la parole pour expliquer les raisons qui nous ont poussé à prolonger le mandat de l’IVD (...) On a voulu prendre la parole, mais il y a eu des tensions entre des députés qui nous en a empêché” a-t-elle expliqué.

“J’ai demandé au président de l’ARP de pouvoir quitter la séance parce que l’ambiance ne nous permet pas de nous exprimer, et de laisser les députés décider” dit-elle.

Cependant pour elle, quelque soit la décision de l’ARP, l’Instance continuera son mandat: “On a pris notre décision et entre nous il y a la loi. (...) Le pouvoir législatif est obligé constitutionnellement de respecter la justice transitionnelle et donc l’indépendance de l’Instance”.

À la suite de cette décision, la séance a été levée après la demande du président du bloc parlementaire d’Ennahdha. 

Le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Mohamed Ennaceur, a indiqué que la poursuite les travaux aura lieu lundi.

Les présidents des groupes parlementaires ont approuvé la proposition, estimant que l’ambiance très tendue dans l’hémicycle n’était pas favorable à la poursuite du débat. Ils ont demandé à ce que les travaux se poursuivent, lundi, “sans aucun accroc et sans tensions”.

Le mois dernier, le conseil de l’Instance Vérité et Dignité avait décidé de la prolongation du mandat de l’instance d’une année, conformément à l’article 18 de la loi organique sur la justice transitionnelle, une décision contre laquelle se sont levés plusieurs députés qui avaient déposé un recours auprès du Tribunal administratif pour faire tomber la décision de prolongation du mandat de l’IVD.

Selon eux, la décision de l’Instance viole les articles 49 et 59 de la Constitution mais également l’article 18 de la loi organique portant création de l’IVD, qui selon eux, oblige l’Instance à se référer à l’ARP avant de prendre une telle décision.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.