ALGÉRIE
10/11/2019 00h:04 CET

Tebboune rejette le soutien de ceux "qui sont dans un courant étranger" et ceux qui "portent atteinte aux constantes nationales"

Fayçal Métaoui pour le HuffPost Algérie
Conférence de presse de Abdlmadjid Tebboune

Abdelmadjid Tebboun, candidat indépendant à l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, a présenté, ce samedi 9 octobre, les grandes lignes de son programme électoral. Une synthèse d’une trentaine de pages en arabe et français du programme a été distribuée aux journalistes présents au niveau de la salle de conférences de l’hôtel El Djazaïr à Alger, sous le titre : « Mes 54 engagements pour une nouvelle République». «Engagé pour le changement, capables de le réaliser» est le slogan retenu pour la campagne électorale. « Je ferais un diagnostic de tous les secteurs sans exception pour proposer des remèdes. Notre drame actuel vient en grande partie de l’incapacité d’évaluer correctement les problèmes du pays et de leur trouver des solutions. Des solutions qui sont à notre portée. Mon programme est adapté aux revendications des premières semaines du hirak. Je vais expliquer comment le changement se fera. Ce changement touchera la Constitution, la loi électorale, le processus d’arrivée à un postes de responsabilité au sein des institutions de l’Etat, etc. L’Algérie a de grandes capacités alors que notre économie est presque dans un mauvais état », a-t-il déclaré. Selon lui, l’argent existe et sera pris là où il est. « Je sais où prendre l’argent(…) Grâce aux hommes dans les centres de décision, le chef de l’Etat, l’ANP et le ministère de la Justice, il y a un nettoyage, pas une campagne, qui se poursuivra pendant une longue période. Certaines têtes ont été touchées, mais ce qui reste est plus important. Si l’un d’eux restitue ce qu’il a pris- et ce que je compte récupérer-, je peux régler définitivement le problème de la retraite, utilisé pour faire peur aux simples fonctionnaires. Le problème de la CNR ne sera plus posé (déficit de la Caisse nationale de retraite) avec ce qui sera restitué (fonds détournés) », a-t-il promis en évoquant la lutte contre la corruption menée de plusieurs mois.

 « Je n’ai jamais fait de fausses promesses »

Il a estimé nécessaire de s’intéresser à certaines catégories professionnelles comme les pêcheurs. « Il y aura dans le programme une bonne partie pour les chasseurs(…) Je n’ai jamais fait de fausse promesses dans tous les postes que j’ai occupé. Je m’engage à réaliser ce que je peux faire. Si le peuple m’accepte, après une année, vous avez le droit de me demander des comptes, surtout la famille de la presse. C’est pour cela que j’ai choisi de vous donner en premier les grandes lignes de mon programme qui sera appliqué dans son intégralité », a soutenu le candidat.  Il a promis d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs et de la classe moyenne. « Des mécanismes existent.  Je m’engage à supprimer les impôts pour les revenus de 30.000 et moins. Si le budget de l’Etat perd de 10 à 20 milliards de dinars après cela, je peux récupérer l’argent de ceux qui possèdent des navires ou des aéronefs. C’est aussi simple. Ce n’est pas du populisme. Il s’agit de calculs. Le plus important est de ne pas promettre de faire des choses qui risquent de compliquer les choses. Nous avons frappé de la monnaie sans contrepartie (planche à billets), nous n’allons pas engloutir le pays davantage. Nous allons autant que possible redonner valeur au dinar en absorbant ce qui a été tiré. Je connais l’économie et les finances. Il est impossible de créer de la monnaie sans qu’il ait des incidences sur l’inflation. Des prix ont augmenté 100 % », a constaté l’ancien Premier ministre.

« Nous sommes des novembristes et des nationalistes »

Il a qualifié de « fake news » l’information qui a circulé sur les réseaux sociaux relative à une rencontre « secrète » entre lui et Ali Benflis, autre candidat à l’élection présidentielle. « Ce n’est ni le premier ni le dernier fake news. Il y en aura d’autres pour polluer l’atmosphère. Il n’y a pas eu de rencontre. Et, je ne me suis pas entendu avec lui contre un autre candidat.  Tous les candidats sont égaux et ont tous de la chance. Je considère les cinq candidats comme des cavaliers. Chacun aura à convaincre avec son programme les électeurs. Que le peuple fasse son choix. Je crois à la démocratie et à la conscience du peuple », a-t-il soutenu. A-t-il l’appui du FLN, son parti ? « Les militants du FLN sont des algériens, comme ceux du RND, du MSP et les autres partis. Libre à eux de soutenir un candidat qui est proche d’eux de par son programme ou son appartenance organique. Pour moi, le problème n’est pas posé. Si je voulais me porter candidat avec un parti, je l’aurais fait. J’ai dit que je suis un candidat indépendant. Ceux qui veulent nous rejoindre sont les bienvenus sauf ceux qui sont dans un courant étranger ou ceux qui portent atteinte aux constantes nationales », a-t-il tranché. Invité, après le point de presse, de préciser son idée, il a expliqué qu’il s’agit de gens avec qui il n’est pas d’accord mais qu’il ne leur enlèverait jamais leur qualité d’algériens. « Le parti que vous connaissez », a-t-il appuyé. S’adressant aux journalistes présents, à la fin de son point de presse, il a lancé : « Nous allons sauver le pays, vous et nous. S’il y a des fake news, je m’engage à répondre. Nous sommes transparents. Dans ce pays, il n’y a que la transparence qui peut servir. Ne croyez pas trop les fake news. Je ne veux pas vous faire peur, mais il y des choses dangereuses qui se font actuellement. Je refuse que je sois entouré de personnes autres que celles du courant nationaliste. Nous sommes des novembristes, et nationalistes. Il n’y a rien d’autres. Nous ne sommes pas des populistes. Le pays est fort grâce à ses hommes, son armé, ses femmes, ses journalistes. L’argent et les capacités existent. Dans notre courant, nous étudions les problèmes pour les régler en faveur du citoyen. Dans l’autre courant (étranger), le problème est étudié dans l’intérêt de la poche de l’un ou de l’autre. Nous ne pouvons-nous entendre ».