MAROC
20/07/2018 17h:05 CET

Tariq Ramadan toujours mis en examen pour viols, "de l’acharnement" dénonce la fille de l'islamologue

La "démise en examen" a été rejetée ce vendredi.

MEHDI FEDOUACH via Getty Images

AFFAIRE RAMADAN - Malgré les récents rebondissements de l’affaire Ramadan, qui laissaient entrevoir pour ses proches un espoir de modification de la situation judiciaire de l’islamologue suisse, les juges d’instruction ont rejeté, ce vendredi 20 juillet, la demande d’annulation des mises en examen pour viols de émise par son avocat.

Selon des informations citées par l’Obs, l’ordonnance rendue par les juges note en l’état que “les indices graves et concordants qui ont présidé à la mise en examen de Tariq Ramadan subsistent en dépit des déclarations hésitantes de la partie civile quant à la date et au lieu des faits.” Tariq Ramadan reste donc mis en examen, et demeure par ailleurs en détention provisoire. Pour Maryam Ramadan, fille du célèbre mis en examen, il ne s’agit ni plus, ni moins que d’“un cas politique”.

“Un prisonnier politique”

“C’est vraiment de l’acharnement”, s’indigne Maryam Ramadan, affligée par la décision des juges. “Quand on a une personne qui nous dit qu’elle ne sait plus où et quand elle s’est faite soi-disant violée (Henda Ayari, première plaignante de l’affaire, Ndlr) et que l’on continue de garder une personne comme ça en prison, pour nous, c’est un cas politique, c’est vraiment un prisonnier politique”, déplore la fille du détenu contactée par la rédaction du HuffPost Maroc.

La jeune femme affirme par ailleurs que le clan Ramadan n’a aucune piste sur laquelle appuyer une éventuelle prochaine démise en examen : “On vient seulement d’apprendre la nouvelle, on ne sait pas encore…”, dit-elle

Une version des faits qui ne tient pas la route, selon les enquêteurs

Accusé trois fois de viols en France et actuellement en détention provisoire depuis le 2 février dernier, le prédicateur musulman qui dément toutes les accusations, était de retour jeudi 19 juillet devant les magistrats pour une confrontation avec, la première plaignante de l’affaire qui avait affirmé, en octobre 2017, avoir été violée par Tariq Ramadan en 2012.

L’ancienne salafiste repentie devenue militante féministe et laïque, qui a modifié à deux reprises ses dépositions et finalement affirmé avoir été violée le 26 mai 2012 par l’islamologue suisse, a vu sa version des faits mise à mal par plusieurs éléments objectifs d’enquête de la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne.

Au vu du caractère contradictoire et approximatif des accusations portées par Henda Ayari, l’avocat de Tariq Ramadan, Maître Emmanuel Marsigny, avait immédiatement demandé au juge une “démise en examen”, en vain. À 55 ans, l’islamologue est toujours détenu dans sa cellule de prison à Fresnes.