MAROC
27/02/2019 12h:21 CET

Tariq Ramadan porte plainte contre ses trois accusatrices françaises

Mis en examen pour viol, Tariq Ramadan revient à la charge.

Pacific Press via Getty Images

JUSTICE - Comme annoncé depuis plusieurs mois par ses avocats, Tariq Ramadan a finalement déposé trois séries de plaintes contre ses trois accusatrices françaises, pour “dénonciation calomnieuse” et “dénonciation d’une infraction imaginaire”, ce vendredi 22 février, rapporte le site d’information RTL. Les plaintes ont été déposées à Montpellier, Rouen et Lille, aussi bien contre “Christelle” et Henda Ayari (pour lesquelles il est mis en examen), que contre Mounia Rabbouj, dont la plainte pour 9 viols n’a pas donné lieu à ce jour à des poursuites, souligne la même source.

Ces trois plaintes déposées par Tariq Ramadan, libéré de prison en octobre dernier et placé depuis sous contrôle judiciaire en région parisienne, s’appuient  sur les résultats provisoires de l’enquête menée par la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne. Elle n’auront pour l’heure aucun effet sur la procédure. Le 14 mars prochain, la justice française devrait se prononcer sur deux nouvelles demandes de “démise en examen” déposées par l’islamologue.

La version de “Christelle” ébranlée

La thèse de la séquestration écartée par une expertise 

Pour le cas de “Christelle” (nom d’emprunt), la femme affirme avoir été violée, humiliée, frappée puis séquestrée par l’islamologue dans une chambre d’hôtel de Lyon le 9 octobre 2009 avant que ce dernier ne se rende à sa conférence. La plainte déposée par Tariq Ramadan dénonce à la fois le récit et la chronologie des faits livrés par la plaignante, en se basant sur une expertise récente, ordonnée par le juge d’instruction, qui vient appuyer l’hypothèse que “Christelle” aurait pu se trouver à la conférence.

Les avocats de Ramadan auraient en effet repéré le visage d’une femme parmi l’assistance, dans une photo du public, qui a été comparé avec des clichés d’époque de la plaignante par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. D’après Emmanuel Marsigny, l’avocat de Tariq Ramadan contacté par RTL, les conclusions de l’expertise considèrent avec un indice de confiance “modéré à fort” que les deux visages sont les mêmes, tandis que “Christelle” a toujours démenti sa présence à la conférence. L’avocat de Tariq Ramadan considère ainsi que la plaignante a menti et que de ce fait tout le récit de la soirée s’en trouve discrédité.

Un SMS fragilise la thèse du viol

Toujours dans le cas des accusations de “Christelle”, la plainte pour “dénonciation calomnieuse” s’appuie également sur un SMS, connu depuis plusieurs mois, où “Christelle” écrit: “Si je n’avais pas aimé je serais partie”. Selon la plaignante, le SMS en question a été envoyé deux mois avant la nuit du viol, dans le contexte d’un échange de sextos avec Tariq Ramadan. Or, selon la même source, la brigade criminelle écrit dans ses conclusions récentes qu’“il semble que le SMS ait été envoyé après les faits”, ce qui fragilise la thèse du viol.

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Le récit d’Henda Ayari mis en cause 

Une série de mails remet en question les accusations

La plainte d’Henda Ayari, qui affirme avoir été violée dans un hôtel à Paris en 2012, s’appuie essentiellement sur un échange de mails consécutifs à la nuit visée par la plaignante, où elle écrit notamment: “Tu sais que j’ai beaucoup aimé... J’espère que tu as gardé un bon souvenir de moi comme moi de toi, même si c’était court”.

La brigade criminelle a conclu que ces messages “mettent à mal les déclarations et les accusations de la plaignante”. La plainte de Tariq Ramadan relève également que la plaignante “n’a de cesse de lui écrire et de le solliciter pour avoir des rapports sexuels, et cela jusqu’en 2014”.

Plainte de Mounia Rabbouj pour 9 viols affaiblie

Une centaine de messages et vidéos à caractères sexuels échangés et un appel téléphonique enregistré, déstabilisent les propos de la plaignante.

Enfin, dans le cas de Mounia Rabbouj, accusant l’islamologue de 9 viols entre 2013 et 2014 à Paris, Lille, Bruxelles et Londres, la défense de Tariq Ramadan s’appuie sur deux éléments principaux. Les avocats de l’universitaire de 56 ans se basent sur le fait que la plaignante et Ramadan auraient échangé une centaines de vidéos et de messages à caractères sexuels durant cette période. Ils se référent également à des écoutes téléphoniques postérieures à la plainte, où Mounia Rabbouj explique à un interlocuteur inconnu qu’elle ne voulait pas porter plainte pour viols mais qu’elle avait été manipulée.

Toujours d’après les informations recueillies par RTL, la femme explique qu’elle voudrait retirer sa plainte et qu’elle “dira qu’elle a menti”. Les avocats précisent également que dans une déclaration devant les juges le 12 décembre dernier, Mounia Rabbouj avait déclaré que “c’était une relation consentie mais pas voulue”. Il est à préciser que la plainte de Mounia Rabbouj n’a à ce jour donné lieu à aucune poursuite.