MAROC
09/05/2018 11h:15 CET

Tariq Ramadan: la justice française évalue sa dangerosité criminologique

Un élément qui devrait être évalué "de manière approfondie avant toute remise en liberté".

MEHDI FEDOUACH via Getty Images

JUSTICE - Le juge des libertés et de la détention (JLD) a rejeté, vendredi, la demande de remise en liberté de Tariq Ramadan, inculpé et incarcéré pour viols en France. Un refus qui serait dû à la prétendue dangerosité du mis en cause, rapporte Le Parisien

Le quotidien français, qui s’est procuré l’ordonnance, maintient que le juge a rejeté la demande de remise en liberté de Tariq Ramadan soulignant la crédibilité de ses deux premières victimes présumées et de la troisième plaignante qui dénonce des faits similaires. 

La même source annonce que l’islamologue suisse et ses accusatrices comparaitront bientôt à de nouvelles auditions. Le JLD a déclaré pour sa part “que ces actes d’instruction nécessitent d’éviter de manière impérieuse tout risque de pression sur les victimes”. 

Une décision de la justice qualifiée d’“invraisemblable” par Emmanuel Marsigny, l’avocat du présumé coupable, qui annonce qu’il fera appel, dénonçant au passage le “mensonge des accusatrices”. 

Mais la raison pour laquelle l’homme de 55 ans est maintenu en détention est surtout liée à sa prétendue dangerosité. ”[…] Même s’il n’a jamais été condamné et si les faits dénoncés sont anciens, leur succession interroge sur la dangerosité criminologique de l’intéressé, qui devra être évaluée de manière approfondie avant toute remise en liberté”, selon le juge, cité par Le Parisien

Un constat contesté à nouveau par l’avocat de Ramadan qui déclare qu’”évaluer la dangerosité d’un mis en cause alors que les faits ne sont pas établis, c’est du délire”. Il note “l’absence d’objectivité des enquêteurs et de la juge” et va demander à ce que les policiers en charge des investigations soient dessaisis de l’affaire. 

C’est la deuxième fois que la demande de remise en liberté du suisse est rejetée. En février dernier, la justice française avait déjà décidé de le maintenir en détention après qu’une première expertise médicale ait conclu que son état de santé n’était pas incompatible avec sa détention.

Dès son arrivée à la prison Fleury-Mérogis (région parisienne), Tariq Ramadan s’était plaint de crampes, de fourmillements et picotements, d’après une source proche du dossier. Le JLD rappelle que les deux expertises médicales effectuées “ont conclu à la compatibilité de son état de santé avec la détention”.