MAROC
10/11/2018 11h:20 CET

Taoufik Bouachrine condamné à 12 ans de prison

Le patron de presse était poursuivi notamment pour viol, harcèlement sexuel et traite d’êtres humains.

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JUSTICE - Le verdict est tombé. Après plusieurs audiences depuis son arrestation le 23 février, la chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca a finalement condamné, vendredi, Taoufik Bouachrine à 12 ans d’emprisonnement et à une amende de 200.000 dirhams.

Avant d’annoncer sa peine, le tribunal a laissé Bouachrine prendre la parole une dernière fois. Le directeur des sites d’actualité Alyaoum24.com et Soltana a alors assuré être “victime d’un procès politique à cause de sa plume”, selon les propos de son avocat, rapportés par l’AFP.

Bouachrine a également été condamné à des indemnisations pour certaines victimes allant de 100.000 à 500.000 dirhams. L’avocat de la partie civile, Mohamed Karout, a cependant déclaré à l’AFP que ces indemnisations n’étaient pas ”à la hauteur des préjudices”.

Le Comité de la vérité et de la Justice sur l’affaire Bouachrine a quant à lui organisé une manifestation devant le parlement contre la décision de la cour d’appel. Les manifestants ont dénoncé l’utilisation du pouvoir judiciaire pour régler des comptes politiques avec les personnes ayant des opinions différentes de celui des autorités ainsi que le manque de liberté d’expression dans la presse, selon Alyaoum24.

Le patron de presse a été accusé de traite d’êtres humains, d’exploitation d’une situation de vulnérabilité ou de besoin, de recours à l’abus d’autorité, de fonction ou de pouvoir à des fins d’exploitation sexuelle, de recours à d’autres formes de contrainte à l’encontre de deux personnes en réunion, attentat à la pudeur avec violence, et viol et tentative de viol dont les peines sont prévues dans les articles 448-1, 448-2, 448-3, 485, 486 et 114 du code pénal, rappelle la MAP.

Bouachrine a été poursuivi pour “harcèlement sexuel, recrutement d’individus en vue de la prostitution dont une femme enceinte, usage de moyens qui permettant de photographier, de filmer ou d’enregistrer ces actes dont les peines sont prévues dans les articles 498,499 et 503-1 du code pénal”. Une cinquantaine de “sex-tapes” qui montraient huit victimes avaient été retrouvées dans son bureau. De son côté, Bouachrine avait continué de nier l’authenticité de ces vidéos.