MAROC
08/09/2019 18h:36 CET

Tanjazz a 20 ans: Retour sur le parcours parfois rock'n'roll du festival de jazz de Tanger

Un festival qui s’adapte aussi à l’arrivée d’un nouveau venu à Tanger: le TGV.

Pascal Bouclier

TANJAZZ - Déjà 20 ans. Dimanche 15 septembre débutera officiellement à Tanger la 20e édition du festival Tanjazz. A cette occasion, la presse était conviée à une conférence vendredi 6 septembre à Casablanca. L’opportunité pour son créateur, Philippe Lorin, de raconter aux journalistes présents le parcours parfois semé d’embûches du premier festival de jazz de la ville du détroit. 

“Au début, c’était pas gagné”

Un anniversaire pour lequel ce dernier a publié une “lettre” adressée à ce “fils” à qui “plein de vilaines fées prédisaient une courte vie”: “au début c’était pas gagné”, explique Philippe Lorin aux journalistes. “On l’oublie mais il y a 20 ans, dans les années 90, début 2000, Tanger n’était pas du tout ce qu’elle est aujourd’hui, c’était encore une ville en grande difficulté”, se rappelle le père le Tanjazz.

Le premier concert réunit environ 60 personnes. Les artistes sont, eux, des amis ou connaissances, qui ont accepté de venir jouer bénévolement. 

Après avoir survécu à cette première édition, les organisateurs doivent pour la seconde, faire face à un des évènements les plus marquants du siècle. En effet les attentats du 11 septembre ont lieu quelques jours avant le début de la deuxième édition, qui est à deux doigts d’être annulée, les artistes américains étant cloués dans leur pays pour des raisons de sécurité nationale: “l’ambassade américaine nous a demandé de tout annuler mais quelques instants plus tard, j’ai reçu un coup de fil d’André Azoulay (conseiller du roi, ndlr) qui m’a affirmé que le roi demandait à ce que tous les évènements culturels aient lieu comme prévu”.

Quelques années plus tard, Tanjazz, qui se déroule alors en mai, doit faire face à une autre catastrophe, les attentats du 16 mai de Casablanca, qui ont aussi eu lieu quelques jours avant Tanjazz: “rebelote, on nous demande d’annuler, puis le roi exige qu’il ait lieu”.

Des fidèles devenus une “famille”

Des années au cours desquelles le festival, au delà de ses couacs de dernière minute, a aussi rassemblé des fidèles, à la fois auprès du public et des artistes, “la famille”, comme le décrivent les organisateurs de Tanjazz.

Cette année sonne notamment le grand retour de Buika, qui avait mis le feu sur la scène de Tanger en 2014, et est le visage de cette 20e édition, les “hipsters” de Walton Bishop, ou encore les Belges David Links & Diederik Wissels, révélations de la seconde édition. Nico Morelli, un des artistes présents lors de cette fameuse première édition, sera aussi de retour. Autres noms présents cette année Kicca, Sj-hakura S’Aida ou encore Ivan Lewis.

 

Tanjazz
Tanjazz

 

Ainsi du 15 au 22 septembre, 28 artistes monteront sur scène pour une cinquantaine de concerts. Ils ont tous marqué ces 20 dernières années avec leur jazz, blues, swing, soul, funk ou bop. 

Quand Tanjazz rencontre le TGV

Le festival s’adapte aussi à l’arrivée d’un nouveau venu à Tanger, le TGV. Le programme de la journée de dimanche a ainsi été adapté pour que le public casaoui et rbati puisse ne pas quitter la ville dès dimanche matin et par conséquent, déserter la fin du festival. “On vous voit tous partir dès dimanche matin. Du coup cette année vous pourrez assister au programme de dimanche, qui débutera par un brunch, et ensuite prendre le train pour Casablanca dans la soirée”. “Et vous dormirez lundi au travail comme tout le monde”, plaisante de son côté Denis Germain, directeur de communication du Tanjazz.

Autre nouveauté cette année: la durée du festival qui débutera le dimanche 15 et s’achèvera le dimanche 22, “c’est à dire huit jours complets soit deux fois la taille d’un Tanjazz ‘normal’, les quatre premiers jours étant dédiés au festival off et à la scène gratuite”, expliquent les organisateurs dans un communiqué.

Le festival, cette année, investira également de nouveaux lieux comme le musée
de la Kasbah, la gare TGV, le Tanger City Mall, l’espace Tabadoul... en plus du tradition jardin de la Mandoubia, où a lieu le festival.