MAROC
08/04/2018 12h:36 CET

Tanger: Regards croisés sur l'avortement entre religion, médecine et la législation

Un sujet délicat qui continu à semer la discorde.

ABDELHAK SENNA via Getty Images

AVORTEMENT - Juristes, médecins et acteurs religieux et de la société civile se sont livrés, ce samedi 7 avril à Tanger, à un dialogue croisé sur l’avortement, dans le cadre d’une conférence en marge de la deuxième édition de la journée scientifique de l’Association des médecins anesthésistes réanimateurs du Nord. Bilan d’un débat sensible qui continue de déchaîner les passions.

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S’exprimant lors d’une conférence-débat sous le thème “L’avortement entre la religion, la médecine et la loi”, le président de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC), Chafik Chraibi, a souligné l’importance de cette rencontre qui vise à débattre de la question de l’avortement sur les plans médico-scientifique, religieux et juridique et à engager un débat ouvert sur ce sujet délicat.

Le professeur Chafik Chraibi a mis en lumière les complications et les risques liés à l’avortement clandestin médicalisé et non médicalisé, ainsi que ses conséquences, dont l’abandon d’enfants, le suicide, les crimes d’honneur et l’incarcération de médecins.

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Selon lui, la solution consiste à renforcer et promouvoir la prévention, l’éducation sexuelle et les méthodes de contraception efficaces et d’urgence, ainsi qu’à accélérer l’adoption par le parlement du projet de loi qui élargit les cas autorisés pour un avortement légal au viol, inceste, malformations fœtales et aux handicapées mentales, tandis que la loi actuelle ne l’autorise que si la vie ou la santé de la femme sont mises en jeu.

Pour sa part, le vice-président du Conseil local des oulémas de la préfecture de Tanger-Assilah, Abdellatif Hadouch, a assuré que l’avortement est un acte banni dans l’islam. Selon lui, le débat devrait plutôt se pencher vers les causes de ce problème de société, appelant à engager un dialogue élargi et objectif, en vue de trouver des solutions dans le respect des constantes religieuses et des préceptes de la charia.

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Le juge Oussama Nali, membre du Conseil régional du Club des magistrats au Maroc, a pour sa part rappelé que l’avortement était un acte interdit par la loi, citant les cas autorisés par le projet de loi pour la légalisation de l’avortement, ainsi que les limites de la protection en termes des dispositions juridiques en vigueur.

De son côté, le président de la Section de jugement de la famille à Tanger, le juge Mohammed Zerda, a plaidé pour l’adoption d’une approche globale et complémentaire en vue de préserver la cohésion sociale et familiale au sein de la société marocaine et de déboucher sur des solutions efficaces à ce qu’il qualifie de “crime” de l’avortement. 

En marge de cette rencontre, une conférence scientifique sur la santé de la femme enceinte a également été animée par des médecins spécialistes, dont le professeur d’anesthésie et de réanimation, Ahmed Sbihi, ainsi que des ateliers thématiques sur l’insémination artificielle, la procréation médicalement assistée et la fécondation in vitro.

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