MAROC
11/10/2019 15h:23 CET

Tanger : Grève des professionnels du transport routier international

Les 14 et 15 octobre.

LIVINUS via Getty Images

CONFLIT SOCIAL - “Absence totale du ministère de tutelle chargé du secteur”. C’est ce que dénoncent trois associations représentant les professionnels du transport routier international et de la logistique au Maroc qui ont appelé à un arrêt de travail durant 48 heures à partir du lundi 14 octobre à minuit.

L’Association marocaine des transports routiers intercontinentaux du Maroc (AMTRI-Maroc), l’Association marocaine du transport et de la logistique (AMTL) et la Fédération nationale du transport multimodal (FNTM) ont décrété ce débrayage, le 10 octobre, au cours d’une conférence de presse sur les contraintes dont souffrent les acteurs du secteur du transport et de la logistique.

Que veulent ces professionnels? Tous estiment nécessaire la modification du dahir de 1974 qui définit la responsabilité légale en cas de transport de produits illicites à bord des camions de transport routier, et réglemente l’accès à la profession afin de limiter l’anarchie. Ils soulignent l’urgence d’adopter une feuille de transport décrivant en détail la cargaison, d’appliquer le poids autorisé et de subventionner le gasoil professionnel.

Ils ont également appelé à échelonner les dettes en suspens depuis 2010, que “la Société nationale du transport et de la logistique (SNTL) doit régler au profit de l’ensemble des sociétés de transport au niveau national”, insistent ces professionnels relayés par la MAP.

La SNTL a, toutefois, souligné, le 10 octobre, dans un communiqué “n’avoir jamais gelé” les droits des sociétés de transport, notant qu’elle s’est acquittée d’une partie de ces droits avec un total de 325 millions de dirhams transférés entre janvier et octobre 2019.

Divergences

Les représentants des professionnels du secteur, à savoir, le président adjoint de la FNTM, Amer Zghinou, le président de l’AMTRI-Maroc, Idriss Bernoussi, et le président de l’AMTL, Mohamed Jaabak, ont précisé que “la cessation du travail engendrera des pertes pour l’ensemble des parties que personne ne souhaite”, appelant le ministère à “s’engager avec les professionnels dans un dialogue sérieux”.

Les professionnels du secteur ont surtout appelé le ministère à “appliquer le contrat-programme qu’il a présenté lors de la journée nationale d’étude sur la structuration et le développement du secteur du transport routier de marchandises, organisée le samedi 8 décembre 2018”.

De son côté, le ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau avait réitéré son engagement à assurer le bon déroulement du processus du dialogue avec les professionnels du secteur du transport, les appelant à tenir leurs engagements et à se mobiliser davantage pour trouver les solutions adéquates.

Le ministère avait également exprimé, le 9 octobre, dans un communiqué, son étonnement que ces professionnels décrètent une grève en mi-octobre, “qui intervient dans une conjoncture sensible”. Le ministère a rappelé la tenue d’une série de réunions avec les professionnels du secteur et la programmation d’autres réunions relatives à la formation des conducteurs professionnels (14 octobre 2019), à la charge des camions et au renouvellement du parc (17 octobre 2019) ainsi qu’au gasoil professionnel (28 octobre 2019).

Selon les données présentées lors de la conférence de presse du 10 octobre, le transport de marchandise via le détroit de Gibraltar enregistre une croissance annuelle de 13%, passant de 160.000 conteneurs 10 ans auparavant, à environ 300.000 conteneurs en 2018, avec une estimation d’environ 500.000 conteneurs pour 2025.