TUNISIE
28/01/2019 17h:24 CET

"Tahia Tounes a une approche totalement différente de celle de Nidaa Tounes" affirme Selim Azzabi

Le maître-mot de ce nouveau parti? Le rassemblement selon Selim Azzabi.

Invité de l’émission Midi Show, Selim Azzabi, coordinateur national du nouveau parti affilié au chef du gouvernement Youssef Chahed, est revenu sur de nombreux interrogations concernant le parti “Tahia Tounes”, lancé dimanche à Monastir.

“Une nouvelle approche”

S’il n’a pas encore officiellement démissionné de Nidaa Tounes -“pour démissionner, on ne sait pas à qui on doit envoyer notre lettre de démission”- Selim Azzabi affirme que dans la pratique, il ne fait plus partie de Nidaa Tounes, estimant que l’approche de “Tahia Tounes” est totalement différente.

“En réalité, nous avons eu une nouvelle approche” affirme-t-il, expliquant avoir consulté les bases du parti Nidaa Tounes avant de lancer le nouveau projet politique: “S’ils nous avaient dit de rester, de tenir bon, de continuer de militer pour le parti à l’intérieur pour faire entendre leurs voix, nous serions restés, mais quand nous sommes partis dans les régions, ils nous ont dit qu’ils n’avaient plus d’espoir de reconstruire le parti Nidaa Tounes de l’intérieur”.

Autre point avancé par les bases du parti Nidaa Tounes, l’absence d’un parti “fort, démocratique, présent dans les régions” capable d’accueillir ces bases déçues.

Ces consultations avec les bases de Nidaa Tounes ont permis de dégager une dynamique et de se décider à lancer “Tahia Tounes”: “Nous avons fait 24 gouvernorats en moins de 2 mois (...) Nous avons trouvé une dynamique qui nous a dépassé” explique Azzabi.

“Rapidement cela a dépassé le cadre de Nidaa Tounes puisque des représentants d’autres partis comme Afek Tounes, Al Massar, Al Joumhouri, ou encore des indépendants nous ont rejoints (...) Ce n’était donc plus un dialogue qui concernait Nidaa Tounes mais la scène politique dans son ensemble” a-t-il continué.

Ces militants, ont été la cheville ouvrière du meeting de Monastir et ont permis de dégager les lignes directrices du parti. Parmi elles, la démocratie au sein du parti avec des élections à tous les niveaux: “Nous ferons d’ailleurs notre congrès électoral constitutif d’ici la mi-mars”.

“Rassemblement”, le maître-mot

Autre point avancé par les militants, le “rassemblement” : “Tout le monde sait que notre famille politique est majoritaire au sein de la société mais elle ne l’est pas politiquement” déplore-t-il.

Dans ce cadre, les réunions et les appels se sont multipliés avec plusieurs personnalités issues de la même famille politique. Si le rapprochement avec Mohsen Marzouk et Kamel Morjane a été acté avec leur soutien au gouvernement, le coordinateur national de “Tahia Tounes” affirme que des discussions sont en cours avec “Mondher Zenaidi, le parti Al Badil, Fadhel Abdelkefi (...)”.

Cependant, dit-il, certains ont refusé de s’allier à “Tahia Tounes” comme Saïd Aïdi et Yassine Brahim: “Je pense que c’est dommage, car aujourd’hui, nous leur tendons les bras (...) le plus important est de se rassembler, car nous l’avons vu: quand nous nous rassemblons nous gagnons, et quand nous nous divisons nous perdons”.

“Nous sommes différents de Nidaa Tounes car notre parti est démocratique et qu’il va naître des régions et non pas du Lac (en référence au siège du parti Nidaa Tounes qui se trouve au Lac de Tunis). J’entends les gens dire que nous ressemblons à Nidaa: à qui voulez-vous que l’on ressemble? Au CPR?! Nidaa a été une grande expérience qui a réussi à rassembler” dit-il.

Quels liens avec Ennahdha?

Interrogé sur les liens entre “Tahia Tounes” et Ennahdha, Selim Azzabi affirme que le seul point commun entre son parti celui d’Ennahdha est “le soutien au gouvernement actuel, avec également Machrou Tounes, El Moubadara, une grande partie d’Al Massar et Afek Tounes, qui composent aujourd’hui le gouvernement” décrit-il.

Mais pour la “vision, la philosophie, la démarche politique et le programme”, c’est totalement différent estime-t-il: “Nous avons une vision sociale et économique totalement différente même si nous sommes d’accord sur la stabilité gouvernementale”.

L’administration au service du parti? Azzabi dément

Quant à l’usage de l’appareil de l’État par le chef du gouvernement Youssef Chahed au profit du parti, Selima Azzabi estime que celui-ci a “plus important à faire que de s’occuper de la création du parti. Il a aujourd’hui des questions importantes qui concernent les Tunisiens comme la pauvreté, la cherté de la vie, les négociations sociales (...) Par ailleurs, il n’y a pas usage de l’administration au profit du parti, on a même pris toutes les précautions pour éviter qu’il y ai la moindre collision” explique-t-il niant la volonté -prêtée par certains dirigeants de Nidaa Tounes- de créer un “parti-État”.

“La force de ce projet (...) c’est d’avoir su rendre, en allant dans les régions, un peu d’espoir chez des personnes qui étaient impliquées en politique et qui en ont été dégoutés” affirme le coordinateur national de “Tahia Tounes” avant d’ajouter: “Que vous le vouliez ou non, aujourd’hui le chef du gouvernement a recréé de l’espoir chez eux, parce qu’il a les mains propres, parce qu’il a de la crédibilité, et parce qu’ils ont vu qu’il avait de la personnalité”.

Lancé dimanche, le parti aspire à devenir la première force politique du pays en se présentant aux prochaines élections. “Le temps des partis fondés sur une seule personne est révolu” avait affirmé le président du bloc parlementaire de la Coalition nationale, Mustapha Ben Ahmed.

Selon lui, le nouveau parti est régi par des principes démocratiques, qui tiennent compte des aspirations des citoyens. Les dirigeants seront choisis à travers des élections et cela a commencé dès le choix du nom du parti.

De son côté, Selim Azzabi avait appelé les fractions progressistes et modernistes à se rassembler sous la houlette de ce nouveau parti afin d’équilibrer la scène politique. 

Durant le meeting, plusieurs effigies de l’ancien président de la République, Habib Bourguiba, ont été agitées par les partisans. Pour Azzabi, ce parti se réfère au bouguibisme. La défense de l’État civil et des droits et libertés sont parmi ses principaux objectifs.

 

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