MAGHREB
18/12/2015 06h:15 CET

Les Syriens victimes de l'emploi informel et des bas salaires en Turquie

Lieven SOETE/Flickr
Brussels, 15-01-2008 @ IStudio | Workshop in preparartion of the Zinnode «Anadipsie | Les réfugiés climatiques, rivières mortes / Klimaatvluchtelingen, dode rivieren», for the ZinnekeParade on 31-05-2008 | The theme is: water / eau / aqua / agua.

Les réfugiés syriens en Turquie n'ont la plupart du temps accès qu'à des emplois informels "peu qualifiés et mal rémunérés", a déploré jeudi l'Organisation internationale du travail (OIT).

Des centaines de milliers des 2,2 millions de déplacés syriens actuellement en Turquie après avoir fui la guerre civile dans leur pays sont intégrés d'une façon ou d'une autre au marché du travail, mais leur statut doit être amélioré, selon l’organisation onusienne.

"Nous pouvons dire que presque l'ensemble des Syriens en Turquie ont des emplois informels peu rémunérés", a expliqué à l'AFP Numan Özcan, le directeur de l'OIT en Turquie à l'occasion de la présentation d'un rapport sur l'impact des Syriens sur le marché du travail turc.

Le responsable a insisté sur le fait que le statut de protection provisoire accordé par les autorités turques aux Syriens ne leur permettait pas d'obtenir un permis de travail pour acquérir un emploi légal.

Seule une très faible minorité (6.800) d'entre eux disposent d'un permis de travail car ils sont entrés en Turquie légalement avec leurs passeports.

Selon l'OIT, dans la ville de Sanliurfa (sud-est), frontalière de la Syrie et dont un quart de la population est aujourd'hui constituée de Syriens, le tiers des travailleurs syriens gagnent moins que le salaire minimum qui est actuellement de 1.000 livres turques, soit 315 euros.

"Cette situation entraîne une concurrence déloyale entre les entreprises et les travailleurs sont dépourvus de toute protection" sociale, a estimé M. Özcan, ajoutant que son organisation s'efforçait avec les autorités d'Ankara de mettre en œuvre de nouvelles régulations à ce sujet.

D'après un rapport de la Confédération turque des associations d'employeurs (TISK) rendu public en novembre, au moins 300.000 des 2,2 millions de Syriens en Turquie travaillent et parmi eux un nombre considérable d'enfants.

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