TUNISIE
22/03/2019 17h:19 CET

Sur Tinder, moins vous êtes beau, moins vous risquez de croiser quelqu'un de beau

Dans son livre "L'Amour sous algorithme", la journaliste Judith Duportail délivre les dessous de l'application de rencontre.

Le HuffPost

SEXUALITÉ - Le célibat et les applications de rencontre, c’est une longue histoire. Pour certains, ça ne sert à rien. Pour d’autres, c’est le “match”, comme sur Tinder. La faute à quoi? Un puissant algorithme qui nous conduit à nous connecter en permanence pour y rencontrer des personnes qui nous ressemblent. Vous pensiez vraiment être libre de discuter avec n’importe qui? Détrompez-vous.

C’est ce qu’a constaté l’autrice Judith Duportail. Journaliste indépendante, elle vient de publier une longue enquête sur les dessous de l’application de rencontre aux 61 millions d’utilisateurs, ce jeudi 21 mars. Son ouvrage, qui paraît aux éditions Goutte d’Or, s’intitule “L’amour sous algorithme”. Il révèle les rouages du système.

Et notamment, une sombre histoire de notation des utilisateurs. Cette évaluation est connue sous le nom de “score de désirabilité, aussi appelée “Elo Score”. C’est en tombant sur l’article d’un journaliste du magazine américain Fast Company que Judith Duportail en entend parler pour la première fois. Son auteur, Austin Carr, y décrit une discussion surprenante au cours de laquelle le fondateur de Tinder, Sean Rad, se vante d’avoir créé un système de classement des hommes et des femmes sur l’application.

Une cote de performance

En tant qu’utilisatrice, elle tombe des nues. “Un Elo Score est une cote attribuée à chaque individu en fonction de ses performances passées dans un domaine, rappelle-t-elle. Par exemple, un joueur de foot obtient des points quand il marque des buts ou remporte des matchs. Mais comme il est plus dur de gagner contre le Bayern Munich que contre Guigamp, chaque match remporté ne vaut pas le même nombre de points.”

 

Elle poursuit: “Il faut donc comprendre que chaque fois que votre profil est présenté à une personne, se joue un mini-tournoi, comme un match de foot ou une partie d’échecs. [...] Si la personne ‘contre’ vous a une cote haute et vous like, vous gagnez des points. Si elle a une cote basse et vous ignore.... vous en perdez.”

Le problème, c’est qu’on ne peut pas savoir qui vaut quoi. Les règles du jeu ne le disent pas. L’évaluation d’un profil se base-t-elle simplement sur le physique de l’utilisateur? Très certainement, mais pas seulement. “Ce n’est pas une simple mesure de la beauté”, précise Sean Rad à Fast Company. Quoi d’autre alors?

Du niveau de richesse au QI

Judith Duportail a creusé. Elle est tombée sur 27 pages du brevet possédé par Tinder. Non seulement le fameux “Elo Score” se base sur notre attractivité, mais il se calcule aussi en fonction de notre niveau de revenus, de notre niveau d’études, notre intelligence, ou encore notre QI.

La géolocalisation entre aussi en jeu et permet ainsi à l’application de ranger ses utilisateurs dans des ‘pools’, c’est-à-dire des regroupements d’individus établis en fonction de leur note et de la distance qu’il y a entre eux.

Une technologie que l’entreprise a tout fait pour la garder secrète. “Nos serveurs de ‘matching’ sont le noyau de notre technologie et de notre propriété intellectuelle et nous ne pouvons pas partager d’information à propos de nos outils déposés”, assénait l’un des communicants à l’enquêtrice.

Mais voilà, quelques jours avant la parution du livre de Judith Duportail, Tinder fait marche arrière. L’application est revenue sur ses propos en détaillant un peu plus son logiciel. À en croire Numerama, hormis l’existence de ce score de désirabilité et le poids des algorithmes dans les rencontres, on y apprend peu de choses. Force est de constater, toutefois, que le hasard, sur Tinder, ça n’est pas trop ça.

 

Sur Tinder, moins vous êtes beau, moins vous risquez de croiser quelqu'un de
GOUTTE D’OR

 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.