MAROC
26/07/2019 12h:42 CET | Actualisé 26/07/2019 13h:04 CET

Sur son interpellation à Paris, la VAR, le nouveau format des finales LDC et CAF, Ahmad Ahmad dit tout

Quelques jours après la fin de la CAN, le patron de la CAF s'est confié à la presse de son pays.

RFI

FOOTBALL - Quelques jours après la fin de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui a eu lieu du 21 juin au 19 juillet 2019 en Égypte et qui a été remportée par l’Algérie, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, d’origine malgache, a accordé une interview au quotidien l’Express de Madagascar. Parmi les sujets abordés: son interpellation à Paris en juin dernier, la CAN 2019, la VAR (assistance vidéo à l’arbitrage) et le nouveau format des finales LDC et la Coupe de la CAF.

Le patron du football africain a dû ainsi s’expliquer sur les soupçons de corruption ayant amené à son interpellation le 6 juin dernier par les services de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) avant d’être remis en liberté sans poursuites. “J’ai été auditionné et je suis libre. Les enquêteurs m’ont traité avec respect quand ils sont venus me chercher à mon hôtel. Une fois dans leurs locaux, ils m’ont toujours bien traité”, a-t-il indiqué, précisant qu’aucune plainte n’avait été déposée contre lui et que son cas ne fait pas l’exception. “Plusieurs personnes ont été entendues pour blanchiment d’argent. Le procureur a publié un communiqué pour annoncer qu’il n’y avait aucune charge”, a-t-il tenu à préciser, soulignant que, pour lui, “c’est la suite de ce que je vis en Égypte”.

Ahmad Ahmad a laissé entendre qu’il ferait l’objet d’un règlement de compte:  “il existe des problèmes à la CAF, laquelle était dirigée par deux familles depuis sa création. Ainsi, quand vous arrivez pour apporter du changement, vous vous heurtez à divers obstacles. Les gens qui ont été évincés tentent alors de discréditer l’équipe dirigeante de la CAF, y compris ma personne”.

S’il n’y a pas eu de poursuites, le patron du football africain ne cache pas que cette affaire a eu un impact sur sa personne l’amenant, notamment, à prendre des dispositions, dont celles de faire appel à un conseiller en communication et d’engager un groupe d’avocats spécialisés, a-t-il annoncé dans cette interview. Et d’ajouter: “l’objectif consiste aussi à améliorer ma gouvernance”. 

 

CAN à 24 équipes, “la meilleure décision”

Sur la CAN 2019, jouée pour la première fois à 24 équipes, le patron du football africain estime que le nouveau format de la compétition était un très bon choix. “La CAN à 24, c’était un véritable défi. D’un côté, il y a les grandes nations du football, que tout le monde veut voir à la finale de la CAN. Or, ces derniers temps, certaines d’entre elles n’arrivent pas à se qualifier. De l’autre côté, il y a les pays émergents du football, qui ont fourni d’énormes efforts”, constate-t-il. Et d’estimer qu’“aujourd’hui, tout le monde reconnaît que passer à 24 était la meilleure décision. C’était une décision qu’on avait prise, non pas pour notre satisfaction personnelle, mais pour faire en sorte que la démarche puisse avoir un impact positif sur le public”. 

Concernant la VAR, là aussi  Ahmad Ahmad s’est montré satisfait par rapport à son utilisation durant la CAN. “On a utilisé la VAR dans des compétitions antérieures, certes, avec des dysfonctionnements. Avant la CAN, seuls 4 arbitres étaient aptes à faire usage de l’assistance vidéo. Aujourd’hui, ils sont 16. Et encore, 2 arbitres européens nous ont assisté durant cette CAN. Lors de la finale, le grand patron de l’arbitrage à la FIFA était présent. Comme quoi il faut s’entraider pour maîtriser cet outil”, a t-il déclaré.

Au volet du changement de la formule de la Ligue des Champions d’Afrique et de le la Coupe de Confédération avec, dorénavant une seule rencontre à la place de deux (aller-retour) (suite au scandale de la finale de la LDC entre le Wydad de Casablanca et l’Espérance Sportive de Tunis), le patron de la CAF a reconnu qu’“il y a toujours eu des problèmes avec l’organisation de la finale retour”. Pour lui, “il fallait initier des investigations, revoir l’historique et évaluer les risques. En fin de compte, on a pris la décision de jouer une finale unique. Le choix de terrain se fait sur appel à candidature”. 

Quant à la saison prochaine, Ahmad Ahmad promet de dévoiler “prématurément la ville qui accueillera la finale, et ce afin d’éviter de mauvaises interprétations, comme quoi le choix aurait pu être fait pour avantager un club ou un autre”.