MAROC
16/03/2018 17h:42 CET | Actualisé 16/03/2018 17h:43 CET

Suite aux propos polémiques d’un fquih, la HACA sanctionne Chada FM

Après plusieurs avertissements, la HACA opte pour une suspension d'antenne.

Khalid Al Mousily / Reuters

DÉONTOLOGIE - Près de deux mois après la diffusion par la radio Chada FM des propos d’un fquih Abderrahmane Essekach, dans le cadre de son émission “Dine wa dounia” (“Religion et vie”), le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) a décidé de réagir fermement. Instance délibérante de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), le CSCA a donc sanctionné la société Chada Radio, éditrice de Chada FM.

Dans sa thèse, le fquih en question avait soutenu que le cancer du col de l’utérus chez la femme est causé par les relations extra-conjugales. Et de prétendre que les parties génitales de la femme “inscrivent le code du sperme du mari”, lors de leur première relation sexuelle. Déduction: “un code étranger à la vulve provoque un cancer du col de l’utérus”. C’est pour cela, disait-il, “que les femmes les plus vulnérables à ce cancer sont celles qui s’adonnent à la prostitution et sont infidèles à leur mari”.   

“La société Chada Radio a enfreint les dispositions légales et réglementaires en vigueur, notamment celles relatives à la dignité de la femme, à l’honnêteté de l’information et des émissions et à la maîtrise d’antenne”, estime le CSCA.  Et de préciser qu’il a été décidé de suspendre la diffusion du service Chada FM , pendant l’heure habituelle de la diffusion de l’émission en question, durant deux semaines. La société éditrice se doit, tient à préciser le conseil dans un communiqué, de prendre les dispositions nécessaires pour l’exécution de cette décision qui sera publiée au Bulletin officiel.

Le CSCA ordonne également à l’éditeur de la radio de diffuser, durant les deux semaines de la période de sanction précitée, à l’heure habituelle de la diffusion de l’émission “Dine wa dounia” suivant la notification qui lui sera faite de la présente décision, la lecture d’un texte. Dans ce dernier, la radio devra rappeler les faits et souligner que la thèse présentée comme catégorique de cause à effet par le fquih ne prend aucune considération de plusieurs aspects, à commencer par le cadre légal et réglementaire en vigueur notamment en ce qui concerne la dignité de la femme.

Dans ce texte toujours, la radio devra souligner que les propos de son invité ne respectent pas non plus les constantes selon lesquelles il ne faut jamais stigmatiser des personnes atteintes de maladies au risque (dans ce cas) que les femmes refusent de subir un dépistage précoce. Ce qui présente un risque certain pour leur santé et leur vie.

Le texte contiendra, par ailleurs, que les propos soutenus par son invité n’ont pas tenu compte de la règle fondamentale de ne présenter que des données médicales certaines et crédible en en citant les sources.

Pour le CSCA, cette sanction est légitimée également par le fait qu’à aucun moment de l’émission en question, n’est intervenue l’animatrice pour exprimer ses réserves envers les propos tenus par l’invité, tel que requis par l’exigence de maîtrise d’antenne. “Ce qui met le contenu précité en non-conformité avec les dispositions légales et réglementaires relatives à la communication audiovisuelle”.

La HACA rappelle, dans son communiqué, qu’elle a d’ores et déjà brandi des avertissements contre cette radio à plusieurs reprise en 2014, 2015 et 2016 pour la même émission avant de la sanctionner, conformément aux dispositions légales. 

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