MAROC
26/07/2018 18h:32 CET

Suite aux accusations du Dr Chafî, la délégation de la santé se défend

C'est à la direction d'accepter ou de refuser la démission.

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POLÉMIQUE - A Tiznit, le chirurgien pédiatrique Mehdi Chafî, qui exerçait au centre hospitalier provincial Hassan 1er, est bien connu. L’homme à la blouse blanche a déposé sa démission, lundi dernier, auprès du ministère de la Santé pour protester contre “les harcèlements” dont il déclare faire l’objet, dans plusieurs vidéos aux médias et sur les réseaux sociaux. Au moyen de conseils de discipline et de poursuites en justice, le chirurgien affirme avoir subi des pressions de la direction hospitalière qui tenterait ainsi de l’empêcher d’accomplir sa mission convenablement et de dénoncer “les dysfonctionnements” de cette structure publique.

Dans sa démission, Dr. Chafî justifie d’ailleurs sa décision par “des problèmes administratifs” et des “abus” auxquels il affirme devoir faire face depuis le début de sa prise de fonction. Le chirurgien rappelle aussi qu’il a entamé l’exercice de son métier depuis 2010, où il a commencé d’abord à l’hôpital Harouchi à Casablanca. Six ans plus tard, c’est à Guelmim qu’il travaillera pendant un an, avant de rejoindre à Tiznit en 2017. Et de préciser que ce qu’il a subi a eu “un impact négatif” sur sa famille et sa santé. 

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Trois jours après, la Direction régionale de la Santé Souss Massa réagit par la voie d’un communiqué où elle assure le droit de tout fonctionnaire de déposer sa démission en soulignant que la direction peut, de son côté, refuser ou accepter conformément à la loi de la fonction publique.

Précisant vouloir ”éclairer l’opinion publique”, elle affirme que le médecin en question “a commis des erreurs administratives” qui lui ont valu de se retrouver au conseil de discipline dans lequel son droit de défense par des avocats a bien été assuré. Et de préciser que le Dr. Chafî “a refusé de soigner un enfant” et l’a  renvoyé vers l’hôpital régional d’Agadir “sans raison valable”.

Le médecin est aussi tenu pour responsable, selon la même source,  d’avoir “publié le dossier médical de l’enfant sur sa page Facebook”. Ce qui représente une violation du secret professionnel, rappelle le communiqué, précisant qu’en sanction, le Dr. Chafî s’est vu priver de son salaire pendant quatre mois.

Quant au procès pour lequel il a comparu le 23 juillet devant la Cour d’appel de Tiznit, le communiqué indique qu’il concerne des poursuites engagées à l’encontre du médecin pour “insultes” à l’encontre du directeur de l’hôpital”. Et de préciser que c’est “une affaire personnelle”, sans aucun lien avec son activité professionnelle.

La direction régionale de la Santé ajoute, par ailleurs, qu’elle ne souhaite pas “interférer dans une affaire en cours”, mais qu’elle est déterminée ”à prendre les mesures nécessaires à la lumière de ce que décidera la justice”.