ALGÉRIE
17/08/2018 12h:19 CET

Suède: écartée pour une poignée de main refusée, une musulmane gagne son procès

Le tribunal suédois du travail a conclu que cette jeune femme de 24 ans avait été indirectement victime de discrimination

fizkes via Getty Images

Farah Allajeh, une femme musulmane de 24 ans, postulait à un emploi d’interprète à Uppsala, dans l’est de la Suède. Son refus de serrer la main à son potentiel futur emploueur a mis fin à son entretien d’emabuache. Son refus a précipité son échec.

Le 15 août, le tribunal suédois du travail a conclu que cette jeune femme de 24 ans avait été indirectement victime de discrimination. “Le tribunal du travail a conclu que le refus de serrer la main de quelqu’un du sexe opposé était une manifestation religieuse protégée par l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme”.

“La politique de l’entreprise est particulièrement préjudiciable aux (...) musulmans, pour qui la poignée de main entre les femmes et les hommes qui ne sont pas étroitement liés est interdite”.

La cour a ordonné à l’entreprise de lui verser une indemnité de 40 000 couronnes suédoises (3 829 euros). 

“L’argent n’a jamais été important. Cela n’a aucune importance. Mais j’avais raison, c’est ça l’important pour moi. J’espère ainsi donner de l’espoir aux autres musulmans qui connaissent la même situation et estiment qu’il est inutile de continuer”, a-t-elle expliqué à la télévision publique suédoise SVT.

“Je crois en Dieu, ce qui est très rare en Suède... et je devrais pouvoir le faire et que cela soit accepté du moment que je ne blesse personne”, a-t-elle déclaré à la BBC. “Dans mon pays, on ne peut pas traiter différemment les hommes et les femmes. Je respecte cela. C’est pourquoi je n’ai de contact physique ni avec les hommes ni avec les femmes. Je peux vivre selon les règles de ma religion tout en suivant celles du pays dans lequel je vis”, a-t-elle ajouté.

Cette décision de la justice suédoise n’est pas sans arppeller une autre de la justice française. Celle-ci totalement inverse. 

En avril dernier, le Conseil d’Etat avait validé le rejet de la naturalisation d’une Algérienne qui avait refusé de serrer la main au représentant de la préfecrure. 

La jeune femme avait “expressément” refusé de serrer la main du secrétaire général de la préfecture de l’Isère, ainsi que celle d’un élu d’une commune de ce département, lors de la cérémonie d’accueil dans la nationalité française organisée en préfecture.

Elle avait invoqué ses “convictions religieuses” pour motiver ce refus, dont les services gouvernementaux ont estimé qu’il “empêchait qu’elle puisse être regardée comme assimilée à la communauté française”.

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